La présidente du groupe RN, Marine Le Pen, avait appelé le 12 février les députés opposés à cette feuille de route à déposer une "motion de censure transpartisane"
, faute de quoi son groupe prendrait l’initiative. Elle avait érigé la publication par décret de la PPE3 en "ligne rouge"
, estimant que le gouvernement devait soumettre ce texte à un débat et à un vote du Parlement. "Risque majeur sur les finances publiques"
Dans un communiqué, le RN conteste la méthode retenue, dénonçant un "acte illibéral contre le Parlement"
et un "passage en force"
de l’exécutif. Sur le fond, le parti critique une stratégie qu’il juge "décroissante"
, estimant qu’elle favorise les énergies renouvelables dites intermittentes, comme l’éolien ou le solaire, dont la production varie selon les conditions climatiques, au détriment du nucléaire, et qu’elle ferait peser un "risque majeur sur les finances publiques".
La PPE, prévue par le code de l’énergie, est un document de planification qui détaille la part respective des différentes filières, nucléaire, éolienne, solaire, hydraulique ou encore fossile, dans la production d’électricité et d’énergie en France.
Attendue depuis près de trois ans par les industriels du secteur, la troisième édition avait été plusieurs fois retardée. Les Premiers ministres successifs avaient renoncé à la soumettre au Parlement faute de consensus politique.
L’annonce de sa publication par décret a suscité des critiques dans plusieurs groupes d’opposition. Marine Le Pen a notamment dénoncé un coût "minimum de 300 milliards d’euros"
pour cette programmation. Lecornu riposte
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lui a répondu sur le réseau social américain X que cette estimation était infondée, indiquant que les scénarios publics étudiés sur une période de 45 ans faisaient apparaître, selon les cas, un gain de 35 milliards d’euros ou un coût de 115 milliards, "bien loin"
du chiffre avancé par le RN. La cheffe de file du RN a également annoncé un recours devant le Conseil d’État afin de contester la légalité du décret.
Elle a appelé en particulier les députés Les Républicains (LR) à soutenir sa démarche, citant notamment leur président, Bruno Retailleau, qui avait exprimé des critiques à l’égard de la PPE3.
Même en cas de soutien d’une partie de la droite, la motion de censure a peu de chances d’atteindre la majorité absolue requise pour renverser le gouvernement, fixée à 289 voix sur 577 députés. Les précédentes initiatives similaires du RN n’ont pas été soutenues par les groupes de gauche.
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