France Télévisions renonce à un projet israélien de collecte de données
16:23, 05/10/2026, lundi
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Des salariés craignaient une exploitation de ces informations à des fins de ciblage politique, une problématique d'autant plus sensible que le dispositif concernait des débats électoraux majeurs.France Télévisions a renoncé à un dispositif interactif confié à l'entreprise israélienne Terrific, qui aurait collecté des données sur les préférences politiques des téléspectateurs, selon une enquête de Mediapart, tandis que le groupe invoque des tests non concluants.
Le dispositif "Agora" et ses implications
France Télévisions avait prévu de déployer un outil interactif nommé "Agora" pour ses émissions politiques, selon les révélations de Mediapart.
Ce dispositif, développé initialement par l'entreprise israélienne Terrific, devait permettre aux téléspectateurs d'adresser des questions aux candidats invités dans l'émission "L'heure de vérité", dont le retour sur France 2 est programmé le 8 octobre 2026.
Par ailleurs, l'utilisation de cet outil devait s'étendre à la couverture de l'élection présidentielle de 2027, impliquant une collecte potentielle de données sensibles sur les préférences politiques du public.
La direction du groupe public avait écarté une solution proposée par ses propres équipes numériques au profit de la société israélienne, ce qui avait suscité des inquiétudes internes concernant la protection des données.
Des salariés craignaient une exploitation de ces informations à des fins de ciblage politique, une problématique d'autant plus sensible que le dispositif concernait des débats électoraux majeurs.
Des liens avec le cercle de Netanyahu
L'entreprise Terrific, spécialisée dans le commerce en ligne, présente des caractéristiques qui ont alarmé les défenseurs de la protection des données au sein de France Télévisions.
Son fondateur, Israel Grintz, a également cofondé la société de marketing politique NEAIG avec Natan Eshel, ancien chef de cabinet et proche conseiller du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.
De plus, selon des informations du quotidien israélien Haaretz relayées par Mediapart, cette firme commercialise des outils de segmentation d'audience explicitement conçus pour les campagnes électorales.
Ces liens commerciaux et politiques ont renforcé les craintes sur l'utilisation potentielle des données recueillies auprès des téléspectateurs français.
La proximité avec des acteurs du marketing politique israélien posait question quant à la finalité réelle du traitement des informations personnelles collectées via le dispositif interactif.
Opacité et abandon du projet
Le processus de sélection de Terrific s'est déroulé dans une opacité préoccupante, selon les témoignages recueillis par Mediapart.
Le marché a été attribué par la filiale de production de France Télévisions, sans qu'aucun appel d'offres ne soit organisé, cette entité n'étant pas soumise au Code de la commande publique.
Plusieurs salariés, dont le délégué à la protection des données du groupe, n'ont pas obtenu l'accès au contrat malgré leurs relances répétées, soulignant des dysfonctionnements dans la gouvernance du projet.
Interrogé par Mediapart, France Télévisions a indiqué que Terrific avait proposé un dispositif d'interactivité pour des émissions, notamment politiques.
"Les tests menés par nos équipes éditoriales et techniques n'ont pas été concluants et ce projet n'a donc pas abouti"
, a déclaré le groupe public. Toutefois, selon la même source, France Télévisions a finalement confié le développement du dispositif à ses propres équipes techniques quelques jours seulement après avoir été informé de la publication prochaine de l'enquête.
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