France : LFI dénonce le déploiement de militaires le 24 octobre
17:27, 21/10/2026, mercredi
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LOUAI BARAKAT / HANS LUCAS AFP
Mathilde Panot, députée du groupe « La France Insoumise » (LFI), parti de gauche, est applaudie par ses collègues de son groupe lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 20 octobre 2026.Le groupe La France insoumise (LFI) a vivement critiqué la décision du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de mobiliser des militaires de l'opération Sentinelle lors des manifestations prévues le 24 octobre, y voyant un risque de confusion entre les missions de défense nationale et de sécurité intérieure.
Une décision "très préoccupante"
Selon un communiqué publié mercredi, le groupe parlementaire LFI a qualifié l'annonce du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de "nouveau cap très préoccupant dans la réponse sécuritaire du Gouvernement aux mobilisations populaires". Les députés insoumis ont exhorté l'exécutif à renoncer à toute utilisation de militaires à des fins de maintien de l'ordre, soulignant que cette mesure risquait d'entretenir une confusion dangereuse entre les missions de l'armée et celles des forces de sécurité intérieure.
"Les manifestants ne sont pas des ennemis de l’intérieur. Le gouvernement français ne doit pas rentrer en guerre contre son propre peuple", a déclaré le groupe parlementaire. Les élus ont rappelé que les forces armées ont pour mission première de défendre la Nation et de protéger le territoire contre les menaces extérieures, et non de gérer des mobilisations citoyennes.
Confusion des missions et risques
Les parlementaires ont affirmé que le maintien de l’ordre relève strictement des forces de sécurité intérieure. L'intervention de militaires dans le contexte d'une mobilisation sociale ou politique pourrait entraîner une confusion préjudiciable entre les missions de défense nationale et celles de sécurité intérieure, ont-ils fait valoir.
"L’armée de la République doit protéger le peuple français, jamais être employée pour mater ses mobilisations", ont-ils insisté. Par ailleurs, LFI a demandé "formellement au Gouvernement de renoncer à toute mobilisation des militaires de l’opération Sentinelle à des fins de maintien de l’ordre lors de la manifestation du 24 octobre", une requête formulée dans un contexte de tension sociale grandissante.
Contexte de violences et de mobilisation
Cette prise de position intervient après les violences marquantes de la manifestation du 17 octobre, qui avait rassemblé 550 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 800 000 selon les organisateurs. De violents affrontements avaient éclaté place de la République à Paris, ainsi qu'à Marseille où des manifestants avaient forcé les portes de l'hôtel de ville, et à Limoges où un incendie volontaire avait dévasté la mairie, faisant état de plus de 1 200 interpellations et plus de 150 policiers blessés.
De plus, la contestation, née le 21 septembre d'un mouvement de lycéens dénonçant le manque de moyens dans l'Éducation nationale, s'est progressivement élargie aux étudiants réclamant une réforme de Parcoursup, puis aux syndicats et aux Gilets jaunes mobilisés contre la vie chère. Les organisations entendent ainsi poursuivre leur mouvement le 24 octobre, sur fond de critiques récurrentes concernant les "violences policières".
L'opération Sentinelle et sa réorientation
Pour rappel, l'opération Sentinelle a été créée en janvier 2015 à la suite des attentats terroristes survenus en France, visant principalement à protéger la population et les sites sensibles contre la menace terroriste. Selon le gouvernement, la décision de recourir à ces militaires pour les manifestations du 24 octobre vise à assurer des missions de protection statique et à libérer des policiers et des gendarmes au profit du maintien de l'ordre.
En outre, Laurent Nuñez avait annoncé ce renforcement du dispositif sécuritaire dans un contexte où l'exécutif reconnaît des insuffisances dans l'anticipation et la gestion des troubles. L'utilisation de l'armée dans ce cadre suscite également des interrogations sur la banalisation de sa présence dans des missions de sécurité intérieure.
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