Hakan Fidan: l'accord USA-Iran bloqué par des verrous techniques

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan affirme que les États-Unis et l'Iran ont atteint un accord de principe, freiné par des questions techniques sur l'uranium enrichi. Il dénonce la politique régionale d'Israël, qualifiée de problème mondial, et déplore que la crise détourne l'attention de Gaza. Il évoque aussi le sommet de l'OTAN à Ankara, les relations avec la Russie et la normalisation avec l'Arménie.
Un accord de principe entre Washington et Téhéran, mais des verrous techniques persistants
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a affirmé que les États-Unis et l'Iran étaient parvenus à un accord de principe sur les éléments essentiels de leur dossier, tout en précisant que plusieurs questions techniques restaient en suspens. Le sort de l'uranium enrichi iranien et la mise en œuvre d'un futur moratoire sur l'enrichissement figurent parmi les points encore à régler.
S'exprimant devant des journalistes lors de sa visite en Russie, Hakan Fidan a expliqué que les équipes techniques devaient encore déterminer la manière dont 400 kilogrammes d'uranium enrichi en Iran seraient dilués, contrôlés et vérifiés.
Des négociations ralenties par la défiance et les tensions régionales
Selon le chef de la diplomatie turque, les conditions de guerre, la méfiance mutuelle et les développements régionaux, dont l'occupation du Liban par Israël, ont freiné les pourparlers entre Washington et Téhéran.
"Israël veut la destruction de la région"
Gaza, l'attention internationale détournée
Le ministre a estimé que le conflit impliquant l'Iran, les États-Unis et Israël avait détourné l'attention internationale de Gaza, tout en exprimant l'espoir que les pays de la région se reconcentrent sur l'enclave une fois la crise apaisée.
Il a précisé que les efforts visant à parvenir à un accord-cadre pour la seconde phase des négociations de cessez-le-feu à Gaza se poursuivaient, avec l'implication de l'Organisation nationale du renseignement de la Türkiye (MIT).
Sommet de l'OTAN à Ankara: le rôle clé de la Türkiye
Concernant l'OTAN, Hakan Fidan a indiqué que les décisions majeures attendues lors du sommet de l'alliance, prévu le mois prochain à Ankara, ne pourraient être prises sans le président américain Donald Trump. De nombreux alliés européens estiment d'ailleurs que l'organisation de la réunion par la Türkiye constitue la principale raison de la venue attendue de Trump.
Il a ajouté que les préparatifs du sommet des 7 et 8 juillet se poursuivaient de manière intensive, l'enjeu central étant la manière dont les nuances entre les approches américaine et européenne de l'OTAN se manifesteront.
Russie, Ukraine et Caucase du Sud
Hakan Fidan a estimé que ses entretiens en Russie montraient l'absence de différends majeurs entravant les relations bilatérales ou la coopération régionale, les deux pays cherchant à élargir leur collaboration.
Sur la guerre en Ukraine, le ministre a relevé que la position de Moscou restait inchangée, les responsables russes liant toute avancée à la résolution de la question du Donbass.
Concernant le Caucase du Sud, Fidan a indiqué que les parties avaient convenu de réactiver la plateforme régionale 3+3, réunissant la Türkiye, la Russie, l'Azerbaïdjan, l'Iran, l'Arménie et la Géorgie. Sur la normalisation avec l'Arménie, il a salué les démarches du gouvernement de Nikol Pachinian et rappelé les mesures avancées par Ankara, notamment le commerce et les vols directs sous l'impulsion du président Recep Tayyip Erdogan.
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