Dermatose nodulaire : la vaccination s’accélère dans le Sud-Ouest, les éleveurs restent vigilants
15:16, 23/12/2025, mardi
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MATTHIEU RONDELAFP
Des agriculteurs membres du syndicat JA (Jeunes Agriculteurs) conduisent des tracteurs et des véhicules agricoles vers Carcassonne sur l'autoroute A61, à Castelnaudary, dans le sud-ouest de la France, le 17 décembre 2025, dans le cadre d'une action nationale menée par les agriculteurs pour protester contre le protocole d'abattage obligatoire du gouvernement pour les troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse.Dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France, une campagne de vaccination est en cours afin de freiner la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie virale affectant les bovins.
Cinq jours après l’identification d’un nouveau foyer dans l’Aude, les doses du vaccin Bovilis Lumpyvax, commandées au laboratoire néerlandais MSD, ont commencé à être distribuées dans les cabinets vétérinaires de la région, notamment en Ariège.
Dans ce département, 30 % des élevages bovins avaient été vaccinés à la date du vendredi 19 décembre, et l’ensemble des troupeaux des
"1 000 exploitations"
recensées doivent l’être d’ici le 31 décembre, a indiqué la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, jeudi 18 décembre.Le vaccin utilisé est un vaccin vivant atténué, élaboré à partir du virus entier, modifié en laboratoire afin de conserver son pouvoir immunogène tout en perdant son caractère pathogène, explique Barbara Dufour, professeure émérite de maladies contagieuses et d’épidémiologie à l’École nationale vétérinaire d’Alfort.
"Le vaccin a un délai de montée en puissance"
Si le vaccin est jugé efficace, son action n’est pas immédiate.
"La durée de l’acquisition de l’immunité est d’environ trois semaines après l’injection"
, expliquait Barbara Dufour à franceinfo, média d’information public français."Si vous vaccinez un animal aujourd’hui, mais qu’il a été infecté la veille, ou qu’il est infecté demain, l’animal n’a pas le temps de développer des anticorps efficaces contre ce virus sauvage et il risque donc de développer la maladie"
, a-t-elle précisé.Ces éléments ont été rappelés après la découverte, vendredi dernier, de nouveaux cas de dermatose nodulaire dans un élevage vacciné à Saint-Marsal, dans les Pyrénées-Orientales.
Le ministère de l’Agriculture a indiqué dans un communiqué qu’
"un animal vacciné peut tomber malade, non pas parce que le vaccin ne fonctionnerait pas, mais parce que le vaccin a un délai de montée en puissance de 21 jours"
.Un épisode similaire s’est produit dans le Doubs, où 83 vaches ont été euthanasiées le 2 décembre après la confirmation d’un cas de DNC dans un élevage récemment vacciné.
Pas transmissible à l’homme
Lors d’une conférence de presse le 16 décembre, Stéphanie Philizot, présidente de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires, a souligné que
"l’on commence à respirer presque 60 jours après la vaccination".
Avant ce délai, "on ne peut pas considérer qu’il n’y a pas de risques"
, a-t-elle ajouté.Le Groupement de défense sanitaire France rappelle que
"la conduite à tenir reste identique que le troupeau soit vacciné ou non",
appelant les éleveurs à une surveillance quotidienne des animaux et à alerter immédiatement leur vétérinaire sanitaire en cas de signes évocateurs. En cas de confirmation, "le fait d’avoir été récemment vacciné ne dispensera pas l’élevage d’être soumis à un dépeuplement".
La dermatose nodulaire contagieuse n’est pas transmissible à l’homme, et la consommation de viande ou de lait issus de bovins vaccinés ne présente aucun danger, selon le ministère de l’Agriculture, une position confirmée par Barbara Dufour à la même source.
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