Cisjordanie: report d'un mois pour le projet de colonisation E1
14:08, 27/09/2026, dimanche
AFP

Photo par ZAIN JAAFAR / AFP
Un Palestinien inspecte une voiture endommagée et incendiée lors d’une attaque nocturne menée par des colons israéliens dans le village d’Abu Falah, au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 27 septembre 2026.La justice israélienne a ordonné le report d'un mois de l'appel d'offres pour le projet de colonisation E1 en Cisjordanie occupée, afin d'éviter toute instrumentalisation électorale avant les législatives du 27 octobre, selon le bureau de la procureure générale.
Report judiciaire et calendrier électoral
Selon le bureau de la procureure générale Gali Baharav-Miara, la justice israélienne a ordonné dimanche le report d'un mois de la date limite d'appel d'offres concernant le projet de colonisation E1 en Cisjordanie occupée. Cette décision vise à éviter que le dossier ne soit exploité durant la campagne des élections législatives prévues le 27 octobre prochain.
La magistrature a justifié cette mesure par la nécessité de
"faire en sorte que cette échéance tombe après le jour du scrutin, afin de réduire le risque que l'appel d'offres soit utilisé à des fins de propagande électorale, ce qui est interdit",
précise le communiqué officiel. Par ailleurs, ce report intervient dans un contexte électoral particulièrement serré pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont certains ministres prônent régulièrement l'annexion de la Cisjordanie.Le projet E1 et ses implications territoriales
En juillet dernier, le ministère israélien du Logement avait lancé un appel d'offres pour la construction de plus de 1 200 logements dans le secteur E1, jouxtant la colonie de Maale Adumim à proximité immédiate de Jérusalem. Ce plan, validé par les autorités israéliennes après plusieurs décennies de gel sous la pression des administrations américaines successives, suscite de vives critiques internationales.
De plus, ce projet isolerait davantage Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, du reste de la Cisjordanie palestinienne. Plusieurs pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, avaient également appelé Israël à renoncer à cette initiative considérée comme mettant en péril la viabilité d'un futur État palestinien.
Contestations judiciaires et réactions locales
À la publication de l'appel d'offres, des organisations non gouvernementales, dont "La paix maintenant", avaient saisi la justice pour faire invalider la procédure. Toutefois, un tribunal de Jérusalem avait rejeté il y a deux semaines le recours en urgence, estimant que le temps nécessaire serait disponible pour statuer sur le fond avant la délivrance des autorisations définitives.
Selon la même source, les trois organisations à l'origine du recours avaient dénoncé une décision servant
"les intérêts du gouvernement"
et lui permettant de "créer une nouvelle réalité sur le terrain, qui engendrera une situation destructrice qu'il sera extrêmement difficile de renverser".
Par ailleurs, la mairie de Maale Adumim a annoncé un recours contre ce report, jugeant la décision "politique"
et constituant "une ingérence".
Contexte historique et démographique
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, où la colonisation s'est poursuivie de manière continue mais a connu une accélération significative ces dernières années sous l'égide du gouvernement Netanyahu. Plus de 500 000 Israéliens résident actuellement dans des colonies établies sur ce territoire palestinien, aux côtés de quelque trois millions de Palestiniens.
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