Cameroun : 1 400 églises du réveil menacées de fermeture après le meurtre d'une fillette de 11 ans
18:12, 14/07/2026, mardiM: Mise à jour: 18:18, 14/07/2026, mardi
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Daniel Beloumou Olomo AFP
Le président camerounais Paul Biya (au centre) reçoit la communion alors qu'il assiste à la messe présidée par le pape Léon XIV à l'aéroport de Yaoundé-Ville, à Yaoundé, le sixième jour d'un voyage apostolique de onze jours en Afrique, le 18 avril 2026.Le ministre camerounais de l'Administration territoriale a annoncé, mercredi 8 Juillet, la fermeture prochaine de 1 400 églises de réveil exerçant à travers le pays. Cette décision intervient quelques jours après le meurtre, à Yaoundé, d'une fillette de 11 ans, un drame qui relance avec brutalité la question du contrôle des pratiques religieuses clandestines.
Le drame s'est produit dans la nuit du 27 au 28 juin, dans la capitale camerounaise. D'après les conclusions des médecins légistes, la mère de la victime lui a porté 17 coups de couteau.
La suspecte évoque l'influence d'un responsable religieux
Placée en détention, la suspecte, fidèle d'une église de réveil, a déclaré
"avoir agi sous l'influence d'un responsable religieux qui lui aurait fait croire que le sacrifice de son enfant lui permettrait de résoudre ses difficultés financières"
.À la suite de ce drame, le ministre de l'Administration territoriale a reçu les responsables de l'église
"Vie et Paix au Cameroun"
, à laquelle appartenait la mère de la fillette. Il a également rappeler que le meurtre est proscrit tant par la loi que par les textes sacrés.Le gouvernement cible 1 400 établissements illégaux
Le ministre a par ailleurs annoncé la fermeture prochaine de 1 400 églises de réveil exerçant illégalement dans le pays.
Cette mesure suscite des réactions contrastées au sein de la population. Dans un reportage diffusé par la chaîne française d’information en continu France 24, certains estiment que les autorités devraient doivent aller plus loin et fermer l'ensemble des églises clandestines, accusées de favoriser des dérives et de pousser certains fidèles à des actes extrêmes.
D'autres rappellent que le Cameroun est un État laïc garantissant la liberté de culte. Ils s'interrogent également sur la responsabilité des autorités dans l'octroi des autorisations d'exercer.
Les églises de réveil, un phénomène en forte expansion
Ces dernières années, les églises de réveil se sont multipliées au Cameroun, profitant du principe de tolérance administrative, parfois au mépris de la réglementation en vigueur. En 2025, quelque 200 églises de ce type avaient déjà été fermées à Yaoundé, rappelle France 24.
Le chiffre interroge : si les fermetures se succèdent, c'est que la réponse des autorités demeure, jusqu'ici, insuffisante face à l'ampleur du phénomène.
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