12:50, 30/06/2026, mardi
Yaoundé PhotoFest: l’Afrique s’expose à travers son histoire
Au Musée national de Yaoundé, la deuxième édition du Yaoundé PhotoFest a réuni pendant quatre jours des photographes venus de plusieurs pays d’Afrique et d’ailleurs autour du thème: "L’Afrique en mouvance". Entre expositions, conférences, ateliers et projections, le festival a offert au public un voyage au cœur des mémoires, des traditions et des mutations du continent, à travers le regard d'artistes qui racontent l’Afrique autrement.
Sous des chapiteaux installés sur l’esplanade du Musée National du Cameroun, pinces à linge en main, Seydou Camara procède au séchage et à l’exposition de ses toiles photographiques rapportées du Mali, son pays d’origine.
Imprimés sur des toiles de coton, ces clichés racontent des lieux, des visages et des scènes de vie qui constituent la mémoire profonde de l’Afrique. Une à une, il les suspend sur de longues cordes tendues à l’air libre. Le vent s’engouffre dans les tissus qui flottent doucement, comme le linge que les mères africaines étendent devant leurs maisons.
Le directeur artistique de Yamarou Photo, à Bamako, explique la démarche qui se cache derrière cette installation, réalisée dans le cadre du projet photographique africain Karanga, consacré à la mémoire et à l’interprétation des traditions africaines:
"Moi j’ai un peu travaillé sur le Vestibule de Ségou. En Afrique, on a des valeurs et des cultures, on a des savoir-faire. Ça, c’est le Vestibule de Ségou. L’Afrique, c’est l ’entraide. Je pense que ça doit être comme ça. Donc toutes ces valeurs-là, on est en train d’amener ça et de partager avec les autres".
Puis, tout en réajustant quelques toiles que le vent fait danser, il poursuit:
"On a imprimé sur du coton. En même temps aussi, on a accroché les photos sur des cordes. Ça nous rappelle, dans nos quartiers à Bamako, les femmes qui lavent leurs habits dans la rue et les suspendent comme ça. Le vent les fait flotter. Donc nous sommes en train de répéter la même chose ici".
À quelques mètres de là, à l’intérieur du Musée National du Cameroun, c’est une autre immersion qui attend les visiteurs. Les œuvres sont cette fois exposées sur des supports plus classiques. Certaines photographies sont en noir et blanc, d’autres éclatent de couleurs, mais toutes racontent une histoire, réveillent une émotion ou interrogent un héritage longtemps endormi. Dans les allées de l ’ exposition, les visiteurs prennent leur temps. Les regards s’attardent devant chaque image, les commentaires fusent, les sourires se dessinent sur les visages. Des photographies d’archives de l’époque coloniale aux créations contemporaines, chacun construit peu à peu sa propre lecture de cette Afrique en mouvement, entre mémoire, traditions et réalités d’aujourd’hui.
Le tout, dans un lieu lui-même chargé d’histoire. Ancien palais présidentiel devenu Musée National, l’édifice offre un écrin particulier à ces regards venus de plusieurs horizons du continent, faisant du Yaoundé PhotoFest bien plus qu’une exposition, un dialogue entre les peuples africains à travers l’image.
Par Franck Péraise Mballa
Titres : Yaoundé PhotoFestYaoundéCamerounMusée national de YaoundéMusée National du Camerounphotographiefestival de photographieAfrique en mouvanceexposition photographiquephotographes africainsart contemporain africainmémoire africainetraditions africainespatrimoine culturelidentité africaineculture africaineSeydou CamaraMaliBamakoYamarou PhotoKarangaprojet photographique africainVestibule de SégouSégoutoiles photographiquescotoninstallation artistiquephotographie documentairephotographie d’artexpositionsconférencesateliersprojectionsartistes africainshéritage culturelmémoire collectiveépoque colonialearchives photographiquescréations contemporainesdialogue interculturelmutations de l’Afriquepeuples africainsimagepatrimoinehistoireexposition artistiquearts visuelscréation artistiquecontinent africain









