Budget UE: Dublin propose des coupes de 140 milliards d'euros
13:57, 10/10/2026, samedi
AFP

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Dublin propose des coupes de 140 milliards d'eurosL'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a présenté samedi un compromis prévoyant une réduction de 140 milliards d'euros sur le projet de budget pluriannuel 2028-2034, afin de débloquer les négociations entre les pays "frugaux" et les défenseurs d'une enveloppe ambitieuse, selon des sources communautaires.
Un compromis pour débloquer les négociations
Selon les documents de la présidence irlandaise, ce projet vise à réduire de 8 % l'enveloppe initiale de 2 000 milliards d'euros proposée par la Commission européenne pour la période 2028-2034. Cette tentative de sortie de crise intervient alors que les vingt-sept peinent à trouver un accord avant les échéances électorales de 2027, notamment la présidentielle française. Les négociations, au point mort depuis des mois, doivent théoriquement s'achever d'ici Noël pour éviter un télescopage avec les scrutins nationaux, notamment les législatives anticipées prévues fin novembre en Espagne.
Les lignes de fracture au sein des Vingt-Sept
Par ailleurs, le texte met en lumière les profondes divisions entre les États membres. D'un côté, les pays
"frugaux"
menés par l'Allemagne réclament des réductions massives et le maintien de leurs rabais budgétaires. De l'autre, les "amis de la cohésion",
ces dix-sept pays du sud et de l'est, réclament des financements accrus pour l'agriculture et la politique de cohésion. La France se positionne quant à elle au centre du débat, selon la présidence française, entre les "super frugaux"
et les partisans d'un budget "ambitieux"
face aux défis sécuritaires et économiques de l'Europe.Les coupes ciblées et les ressources propres
Dans ce contexte, Dublin propose de sabrer dans les dépenses administratives, le programme d'aide au développement Global Europe ainsi que les fonds destinés à la compétitivité. Toutefois, les budgets de la politique agricole commune et de la cohésion sociale et territoriale seraient globalement préservés, sans réduction des montants alloués aux États membres dans ces domaines. En outre, la présidence irlandaise suggère de créer 55 milliards d'euros de ressources propres supplémentaires, notamment via une taxe sur les grandes entreprises et une fiscalité environnementale, afin d'alimenter le budget sans alourdir les contributions nationales.
Réactions mitigées et obstacles politiques
Reste à savoir si ce compromis suffira à réconcilier les positions divergentes. Le chancelier allemand Friedrich Merz a réaffirmé son opposition ferme dès septembre dernier.
"En période de réductions budgétaires dans tous les États membres, cela n'est tout simplement pas finançable. Car, au final, ce sont toujours les contribuables européens qui paient le budget de l'Union européenne",
a-t-il déclaré. De son côté, Thomas Byrne, ministre irlandais des Affaires européennes, a admis lors d'une conférence de presse qu'"il reste du chemin à faire",
tout en espérant que ces propositions permettront d'"accélérer"
les discussions.De plus, la Suède a déjà qualifié ce compromis de
"déraisonnable"
via sa ministre de l'UE Jessica Rosencrantz, réclamant des coupes encore plus importantes. Toutefois, le Parlement européen, co-législateur sur le budget, rejette cette approche restrictive. Les coupes proposées "affaibliraient notre capacité à agir"
et réduiraient les possibilités "de protéger les citoyens",
a plaidé l'eurodéputé Siegfried Muresan, co-rapporteur du dossier.Pour rappel, le projet de budget révisé ne représente qu'un peu plus de 1 % du revenu national brut de l'UE, mais les négociations s'engagent dans un climat financier tendu. La France fait face à ses propres difficultés budgétaires internes tandis que Friedrich Merz est fragilisé par la montée du parti d'extrême droite AfD en Allemagne. Les chefs d'État devront examiner ces propositions lors du sommet de Bruxelles prévu jeudi et vendredi.
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