Bolivie : arrestation du procureur général, soupçonné d'être lié au narcotrafic par Washington
11:09, 01/10/2026, jeudi
AFP

@grupoeldeberX
Roger Mariaca a été placé en garde mercredi à La Paz, deux jours après que les États-Unis ont révoqué son visa. Roger Mariaca a été arrêté mercredi à La Paz, deux jours après que Washington a annulé son visa pour liens supposés avec le narcotrafic, tandis que son homologue de Santa Cruz a également été appréhendé.
Arrestation du procureur général et perquisitions
Selon une source du ministère de l'Intérieur citée par l'AFP, Roger Mariaca a été placé en garde mercredi à La Paz, deux jours après que les États-Unis ont révoqué son visa.
"L'arrestation du procureur (Mariaca) est confirmée",
a déclaré de manière laconique cette source. Par ailleurs, Alberto Zevallos, magistrat du département de Santa Cruz également visé par des sanctions américaines, a été appréhendé dans le même temps, selon la presse locale.De plus, les forces de l'ordre ont procédé à une perquisition des bureaux du parquet de Sucre, capitale constitutionnelle du pays.
Des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux montrent des policiers cagoulés investissant les locaux de l'institution et procédant à des saisies documentaires.
Sanctions américaines et accusations de corruption
Cette opération intervient quelques heures après l'inscription des deux magistrats sur une liste noire du département d'État américain publiée cette semaine.
Selon des informations concordantes, Washington les accuse, aux côtés d'une vingtaine d'autres fonctionnaires et hommes d'affaires boliviens, colombiens et équatoriens, de corruption, de liens avec le narcotrafic ou de complot contre leurs gouvernements respectifs.
Selon le gouvernement américain, Roger Mariaca aurait perçu
"des pots-de-vin pour faciliter le narcotrafic et aider des criminels violents à échapper à la justice".
Dénonciation d'une "ingérence" étrangère
Le procureur général, entré en fonction fin 2024, avait déjà rejeté ces accusations lundi. Il a qualifié la décision américaine d'acte
"d'ingérence"
et de "pression politique"
, la reliant directement aux enquêtes qu'il conduisait sur des réseaux criminels. Toutefois, les responsables du parquet général et de celui de Santa Cruz n'ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de l'AFP suite à l'arrestation.
Claudia Pardo, responsable de la communication du Parquet, a vigoureusement dénoncé l'intervention policière devant les caméras.
"Nous dénonçons auprès de l'ensemble de la population bolivienne cette intervention qui se déroule de manière illégale"
, a-t-elle affirmé alors qu'elle était entourée d'agents en tenue d'intervention et cagoulés, selon les images vidéo.Contexte d'instabilité politique
L'arrestation s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes en Bolivie.
Le président de centre droit Rodrigo Paz a placé le pays sous régime d'état d'exception en juin dernier, après plusieurs semaines de manifestations antigouvernementales. Le Parlement vient d'ailleurs de proroger ce dispositif de 90 jours supplémentaires, face au risque de nouveaux blocages routiers.
Dans ce contexte, l'administration du président américain Donald Trump renforce sa lutte contre le trafic de drogue et les cartels en Amérique latine. Elle cherche ainsi à imposer son hégémonie régionale depuis son retour au pouvoir.
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