La rédaction
18:26, 31/07/2026, vendredi

Al-Aqsa : un citoyen turc interdit de prière par la police israélienne

La police israélienne a empêché un citoyen turc d'entrer à Al-Aqsa pour prier, invoquant une interdiction visant les ressortissants turcs. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, révèle une discrimination fondée sur la nationalité. Ce refus s'ajoute à une politique documentée contre les fidèles étrangers, notamment turcs. Türkiye et plusieurs pays dénoncent une atteinte grave à la liberté de culte et au statu quo du sanctuaire.

La police israélienne a empêché un citoyen turc d'entrer dans l'esplanade d'Al-Aqsa pour y prier. Les agents ont invoqué une interdiction visant les ressortissants turcs. La scène, filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, relance l'indignation contre les restrictions imposées au premier lieu saint de l'islam à Jérusalem occupée.

Un citoyen turc refoulé à l'entrée d'Al-Aqsa

Les images sont limpides. À l'entrée de la mosquée Al-Aqsa, un policier israélien arrête un visiteur et lui réclame son passeport. L'homme présente un document turc. Aussitôt, l'agent lui refuse l'accès et lance:
"L'entrée est fermée aux Turcs."

Le fidèle tente pourtant de s'expliquer. En effet, il rappelle qu'il détient un visa en règle. Il ajoute qu'il souhaite seulement accomplir sa prière. Rien n'y fait. Le policier maintient son refus et bloque l'entrée du sanctuaire.

Par ailleurs, aucune base légale ne justifie une telle discrimination fondée sur la nationalité. Le lieu est un sanctuaire musulman. Or, seule l'administration des waqfs, dépendant de la Jordanie, est habilitée à vérifier qui est musulman à ses portes.

Une interdiction visant explicitement les ressortissants turcs

Le cas n'a rien d'isolé. En effet, plusieurs témoignages décrivent une politique ciblée contre les visiteurs venus de Türkiye. La police israélienne les retarde, les fouille, puis les refoule, en particulier au moment de la prière de l'aube.

Le média Jerusalem Story a documenté ce phénomène dès janvier 2025. Ses journalistes ont enquêté pendant trois semaines. Leur conclusion est nette : les musulmans étrangers sont empêchés d'accomplir la prière du fajr à Al-Aqsa, quelle que soit la porte utilisée.

Un cheikh du sanctuaire a raconté avoir vu des fidèles turcs pleurer devant les grilles fermées.
"La police empêche délibérément les musulmans venus de Türkiye, d'Afrique du Sud et d'Indonésie d'entrer dans la mosquée"
, a-t-il confié. De plus, les gardiens des waqfs qui tentent d'intervenir sont menacés d'arrestation.

Une atteinte grave à la liberté de culte

Cette pratique viole un principe fondamental. Chaque musulman a le droit de prier à Al-Aqsa. C'est pourquoi le refus opposé aux fidèles turcs constitue une atteinte directe à la liberté de culte.

Les autorités israéliennes nient toute politique officielle d'exclusion. Elles invoquent de vagues "critères de sécurité". Cependant, les faits contredisent cette version. Les délégations turques subissent un harcèlement bien plus lourd que les autres, selon les guides interrogés sur place.

En revanche, les colons extrémistes, eux, franchissent librement les grilles. Récemment, plus de 170 Israéliens ont pris d'assaut l'esplanade sous la protection de l'armée. Ils y ont accompli des rituels talmudiques, en violation du statu quo historique du lieu.

Un lieu saint sous tension permanente

Al-Aqsa occupe une place centrale dans la conscience musulmane. Ce sanctuaire de Jérusalem occupée est le troisième lieu saint de l'islam. Sa protection relève de la Jordanie, en vertu de l'accord de Wadi Araba signé en 1994.

Selon le statu quo historique, seuls les musulmans peuvent y prier. Les fidèles d'autres religions peuvent uniquement le visiter. Pourtant, Israël multiplie les entorses à cette règle depuis 2003. Les incursions de colons, encadrées par la police, se répètent désormais presque chaque semaine.

Ces provocations nourrissent une colère profonde. De ce fait, huit pays, dont la Türkiye, ont récemment condamné ces incursions massives. Ils dénoncent une tentative de modifier le statut du sanctuaire.

La colère de Türkiye face aux abus israéliens

Les relations entre Türkiye et Israël traversent une crise durable. Elles se sont fortement dégradées depuis le début de la guerre contre Gaza, le 7 octobre 2023. Depuis, Ankara dénonce sans relâche les crimes commis contre le peuple palestinien.

Le ciblage des ressortissants turcs à Al-Aqsa s'inscrit dans cette escalade. Israël a déjà retiré plusieurs privilèges à ses diplomates turcs à Jérusalem. De plus, l'octroi de visas de résidence connaît de longs blocages.

Malgré ces obstacles, les fidèles continuent d'affluer. En effet, de plus en plus de musulmans, notamment turcs, veulent prier à Al-Aqsa. Leur détermination témoigne d'un attachement que les interdictions n'entament pas.

Un symbole de la résistance palestinienne

L'affaire dépasse le cas d'un seul voyageur. Elle illustre une politique d'humiliation systématique. En bloquant un croyant venu prier, Israël frappe un symbole cher à tout le monde musulman.

Cheikh Ikrima Sabri, imam d'Al-Aqsa, l'a martelé. Le peuple palestinien ne renoncera jamais à son sanctuaire, quelle que soit la violence des attaques. Cette fermeté résume l'esprit de la cause palestinienne.

Ainsi, chaque fidèle refoulé devient un témoin. Chaque vidéo diffusée devient une preuve. Et chaque prière empêchée renforce, paradoxalement, le lien entre les musulmans du monde entier et Al-Aqsa.

L'interdiction faite à un citoyen turc de prier à Al-Aqsa n'est pas un incident banal. Elle révèle une discrimination assumée et une atteinte grave à la liberté de culte. Face à ces abus, Türkiye et de nombreux pays haussent le ton. La défense d'Al-Aqsa reste, plus que jamais, une cause commune.


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