Espagne : manifestations monstres pour le logement après rejet des mesures
16:20, 03/10/2026, samedi
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Manifestations monstres pour le logement après rejet des mesuresDes dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles pour réclamer le droit au logement, au lendemain du rejet par les députés des mesures portées par le gouvernement de Pedro Sanchez, qui pourrait désormais convoquer des élections anticipées.
Des dizaines de milliers de manifestants à Madrid et en province
Selon les autorités locales, quelque 70 000 personnes ont convergé vers le centre de la capitale espagnole ce samedi, bien que le syndicat des locataires revendique un chiffre significativement supérieur de 500 000 participants. Par ailleurs, plusieurs cortèges marchant derrière une large banderole
"Vers la grève générale"
ont traversé la ville, partant notamment d'un campement installé depuis une semaine sur une place ultra-touristique de la capitale.De plus, des rassemblements de moindre ampleur se sont également tenus dans d'autres villes du pays, selon des sources concordantes. Ces mobilisations s'inscrivent dans un contexte de crise sociale profonde, exacerbée par l'expulsion la semaine dernière de Maricarmen Abascal, une octogénaire de 87 ans devenue le symbole des dérives du marché locatif espagnol.
"Une nouvelle énergie" contre le pouvoir établi
"Ce qui se respire dans les rues, c'est une nouvelle énergie, (...) une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste",
a déclaré Valeria Racu, porte-parole du syndicat de locataires à l'origine du mouvement, dans une déclaration transmise à la presse. Selon la même source, cette mobilisation illustre la capacité des citoyens à s'organiser face à l'inaction des institutions."Les politiciens sont aux ordres de l'argent, des fonds +vautours+ et éloignés du peuple",
a fustigé dans un des cortèges Adhara Freile, 41 ans, jardinière vivant avec son compagnon dans un appartement d'une pièce situé à Villaverde, quartier excentré de Madrid. Elle craint vivement de devoir quitter son logement à l'échéance de leur bail l'année prochaine, un sort déjà subi par d'autres locataires de son immeuble.Marcos Sainz, libraire de 26 ans, a indiqué qu'il louait auparavant un appartement de trois pièces avec des amis pour 900 euros mensuels.
"Et encore, je me sens privilégié parce que je peux me le permettre",
a-t-il précisé à un journaliste de l'AFP, constatant avec inquiétude qu'un deux-pièces atteint désormais souvent 1 000 euros sur le marché madrilène. Il a assuré qu'il continuerait à protester "jusqu'à ce que quelqu'un ose réglementer tout ça, parce qu'on va devoir tous quitter Madrid et ça me fait de la peine, parce que je suis de Madrid".
Javier, installateur de panneaux photovoltaïques de 31 ans, a préféré ne pas donner son nom de famille tout en dénonçant des conditions de vie précaires.
"Nous vivons dans des conditions très précaires, écrasés par un système qui ne nous offre pas des conditions dignes pour vivre. Et nous revendiquons un droit fondamental : avoir un logement décent, une stabilité et des conditions qui nous permettent de construire un projet de vie digne"
, a-t-il expliqué. Il a précisé consacrer la moitié de son salaire à une "minuscule chambre" dans un appartement de 90 mètres carrés partagé avec trois autres personnes.Rejet des textes et crise gouvernementale
Vendredi, le Parlement a rejeté les mesures proposées par l'exécutif de Pedro Sanchez, qui prévoyaient notamment la suspension jusqu'en 2030 des expulsions de personnes vulnérables, des dispositions contre les fonds dits
"vautour"
ainsi que le renouvellement automatique des baux. Cette défaite législative relance les interrogations sur l'avenir de la législature, prévue initialement jusqu'en 2027, et pourrait conduire le Premier ministre à convoquer des élections anticipées.D'après la presse espagnole, Pedro Sanchez s'est donné quelques jours pour évaluer la situation avant de trancher sur une éventuelle dissolution de l'assemblée. Toutefois, la crise du logement constitue l'un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes touristiques comme Airbnb et les fonds d'investissement sont accusés de faire flamber les prix en réduisant l'offre destinée aux résidents permanents.
"C'est maintenant que commence la vraie politique, la politique qui a toujours appartenu au peuple et qui revient une bonne fois pour toutes dans les rues"
, a estimé Valeria Racu. Pour rappel, l'expulsion de Maricarmen Abascal avait été décidée après que la société immobilière propriétaire de son logement a voulu augmenter son loyer de 275 %, chassant cette octogénaire qui vivait dans cet appartement madrilène depuis sept décennies.À lire également:

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