Une rencontre à la préfecture des Hauts-de-Seine
Selon une publication de la préfecture sur la plateforme X, Alexandre Brugère a reçu lundi matin les parents de trois adolescents présentés comme impliqués dans des violences, tandis que le procureur de la République Yves Badorc et le directeur des services de l'Éducation nationale Frédéric Fulgence participaient également à cet échange institutionnel.
"Un message clair : vous êtes responsables moralement et juridiquement de vos enfants", a écrit la préfecture dans son communiqué, précisant que les parents, conscients de la gravité de la situation, se sont engagés à ce que les faits ne se reproduisent plus.
De plus, l'institution a indiqué que d'autres convocations de familles étaient prévues au cours de la semaine.
La charge du député contre une "préfectoralisation de la justice"
Dans un message publié sur le même réseau social, le député Ugo Bernalicis, membre du groupe La France insoumise, a vivement réagi à cette initiative administrative en dénonçant ce qu'il qualifie d'"inquiétante préfectoralisation de la justice".
"Là, on dépasse les bornes", a-t-il écrit, contestant fermement le fait de convoquer des familles pour leur rappeler une responsabilité juridique concernant des faits qui n'ont pas encore été jugés, et il a souligné que l'autorité administrative ne pouvait légalement se substituer à l'autorité judiciaire ni tirer publiquement des conclusions sur la culpabilité de personnes avant une décision de justice définitive. "Le préfet n'est pas un juge. La préfecture n'est pas un tribunal", a-t-il martelé.
Une mise en garde sur les libertés publiques
Par ailleurs, l'élu a dénoncé au-delà d'une simple opération de communication médiatique "la banalisation d'une logique répressive" qu'il estime de plus en plus présente dans l'action publique.
Il a notamment critiqué le fait que l'autorité administrative tire des conclusions sur la responsabilité de personnes avant une décision de justice.
"La séparation des pouvoirs et la présomption d'innocence ne sont pas des options. Même au nom de l'ordre public", a-t-il ajouté. Toutefois, la préfecture des Hauts-de-Seine a maintenu sa ligne en prévoyant d'autres convocations de parents dans les jours à venir.
Pour rappel
Cette polémique intervient dans un contexte de mobilisation lycéenne dans le département.
Vendredi dernier, le préfet des Hauts-de-Seine avait déjà adressé un courrier aux parents des 55 000 lycéens du territoire pour les appeler à la vigilance et les avertir que leur responsabilité pourrait être engagée en cas de violences ou de dégradations commises par leurs enfants mineurs.