Un mouvement contre l'austérité budgétaire
Le Syndicat de la magistrature (SM) a publié un communiqué le 2 octobre pour dénoncer la réponse gouvernementale aux mobilisations lycéennes.
Selon ce document, les élèves expriment leur colère face à l'état de délabrement du service public d'éducation, un phénomène directement lié, selon l'organisation, à la présentation par l'exécutif de son "ultime budget".
Par ailleurs, le syndicat souligne que ce projet prévoit une coupe de 54 milliards d'euros et une baisse du nombre de fonctionnaires à l'horizon 2027.
Il évoque également la suppression de 4 000 postes d'enseignants intervenue à la rentrée 2026, des mesures qui sacrifient, selon lui, les services publics.
Violences policières dénoncées
Le SM estime que le gouvernement a fait "le choix d'une réponse brutale", une stratégie de maintien de l'ordre inadaptée à la "particulière vulnérabilité" d'un mouvement composé essentiellement d'enfants.
Selon le syndicat, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux documenteraient des gazages d'élèves, des interpellations brutales et l'utilisation de LBD ainsi que de grenades explosives, qualifiées d'"armes sublétales mutilantes".
Ces méthodes sont jugées "manifestement disproportionnées" par l'organisation, qui précise qu'elles touchent "d'abord et avant tout" les jeunes racisés issus des quartiers populaires.
Le ministère de l'Éducation a dressé mercredi un bilan de 119 élèves et personnels blessés depuis le vendredi précédent, tandis que plusieurs saisines de l'IGPN ont été enregistrées.
Instruction du ministère de la Justice
Le syndicat dirige également ses critiques vers le ministère de la Justice, qui a publié mardi une dépêche ministérielle enjoignant les procureurs "à faire preuve de la plus grande fermeté".
Ce texte vise notamment les infractions de "participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou dégradations" et de "participation à une manifestation en étant porteur d'une arme", des chefs d'accusation que le SM qualifie "excessivement flou et arbitraire".
De plus, l'organisation considère que cette instruction fait primer le "tout-répressif" sans envisager de privilégier des réponses éducatives.
Elle rappelle que la Constitution, les traités internationaux et la loi imposent pourtant de protéger les mineurs et de privilégier l'accompagnement, particulièrement dans un contexte de revendication sociale.
Situation sécuritaire dans les lycées
En outre, le mouvement lycéen observé depuis la fin septembre s'est accompagné de nombreuses fermetures d'établissements et de plus d'un millier d'interpellations.
Des incendies volontaires, jets de projectiles et dégradations ont également été signalés, illustrant la tension qui prévaut dans les établissements scolaires.