Türkiye-Irak: Ankara prépare son retrait de Bashika-Zilkan
11:28, 24/09/2026, jeudi
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MURAT CETINMUHURDARPrésidence turque
Recep Tayyip Erdogan et Ali al-Zaidi lors de leur rencontre à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le 23 septembre 2026.
Recep Tayyip Erdogan et Ali al-Zaidi ont convenu à New York d'approfondir la coopération sécuritaire entre la Türkiye et l'Irak. Les deux dirigeants veulent rétablir l'autorité de l'État à Sinjar et mettre fin aux groupes armés étrangers interdits. En fonction des progrès de Bagdad, les forces turques remettront progressivement la base de Bashika-Zilkan. Les deux pays veulent aussi accélérer la Route du développement.
Le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi ont convenu mercredi d'approfondir leur coopération sécuritaire. Ainsi, la Türkiye se dit prête à remettre progressivement la base de
Bashika-Zilkan
à Bagdad. Ce retrait dépend toutefois d'un préalable: la fin des groupes armés étrangers interdits en Irak.La rencontre s'est tenue à New York, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Par ailleurs, elle confirme le rapprochement entre Ankara et Bagdad.
Erdogan et al-Zaidi renforcent la coopération sécuritaire
Les deux dirigeants ont passé en revue tous les aspects de leurs relations stratégiques. Un communiqué conjoint détaille leurs décisions. Ainsi, Ankara et Bagdad affichent une volonté commune d'avancer vite.
Le texte fixe deux priorités de sécurité. D'abord, rétablir pleinement l'autorité de l'État à Sinjar, dans le nord de l'Irak. Ensuite, mettre fin à la présence de groupes armés étrangers interdits.
Cet accord répond à une attente ancienne d'Ankara. En effet, la Türkiye demande depuis des années que Bagdad contrôle réellement ses zones frontalières.
Désengagement de la Türkiye en Irak: une remise progressive sous condition
Le communiqué prévoit un retrait par étapes. Les forces turques remettront la base de Bashika-Zilkan au gouvernement fédéral irakien. Cette remise se fera
"en fonction des progrès réalisés par l'Irak"
dans ces mesures de sécurité.Autrement dit, le calendrier dépend de Bagdad. Plus l'Irak avance, plus la Türkiye se retire. Un mécanisme et un calendrier convenus entre les deux capitales encadrent ce rythme.
La logique reste simple. Ankara ne quitte pas un site sans garantie. C'est pourquoi la remise de la base s'appuie sur des résultats concrets.
Bashika-Zilkan, une installation sensible
Cette installation se trouve dans le nord de l'Irak. Bagdad réclame depuis longtemps le départ des forces turques de ce site. Le communiqué ouvre donc une voie de sortie négociée.
Ce choix évite un retrait brutal. De plus, il laisse à l'Irak le temps de prendre le relais sur le terrain.
Le PKK et l'armée irakienne : la clé du dossier
Le communiqué ne cite pas le PKK par son nom. Il vise pourtant les groupes armés étrangers interdits. Dans le langage d'Ankara, cette formule désigne d'abord l'organisation.
Sinjar illustre cet enjeu. Des structures liées au PKK y sont implantées depuis 2014. Le PKK a toutefois annoncé sa dissolution en 2025, ce qui change la donne.
Dans ce contexte, une piste se dessine. Les combattants concernés pourraient intégrer les forces irakiennes. Ainsi, tous les hommes armés relèveraient de l'autorité de l'État. Cette intégration reste une hypothèse d'analyse, car le communiqué ne la mentionne pas.
Le principe, lui, ne fait aucun doute. Le retrait turc suivra la disparition de toute présence armée hors du cadre légal irakien. En revanche, les modalités précises restent à définir.
Sinjar, un territoire à stabiliser
Sinjar est une région du nord de l'Irak. Elle abrite une importante communauté yézidie. Depuis 2014, la guerre et les déplacements l'ont durement éprouvée.
Le retour de l'État profiterait d'abord aux habitants. En effet, la sécurité conditionne la reconstruction et le retour des déplacés. Un accord conclu en 2020 entre Bagdad et Erbil visait déjà à placer la région sous autorité de l'État.
Cependant, l'application de ces textes a longtemps buté sur les rapports de force locaux. C'est pourquoi le nouvel engagement d'Ankara et de Bagdad pèse lourd. Il donne un cadre politique clair à cette normalisation.
Commerce et Route du développement
Les deux dirigeants ont aussi décidé d'élargir leurs échanges commerciaux. Ils veulent accélérer les projets stratégiques communs. La Route du développement occupe la première place.
Ce projet vise à relier le sud de l'Irak à la Türkiye par un corridor routier et ferroviaire. Le corridor ouvrirait ensuite la route vers l'Europe. Il pourrait donc transformer les flux commerciaux de la région.
Sécurité et économie avancent ainsi de pair. En effet, un corridor de transport exige des territoires stables. Le désengagement turc et la Route du développement forment donc un seul et même pari.
Un rapprochement qui pèse dans la région
Ce partenariat s'inscrit dans un contexte régional tendu. Gaza et la Palestine occupée (Cisjordanie) subissent l'agression israélienne. Dans ce climat, la coordination entre pays voisins de la région gagne en importance.
Ankara et Bagdad choisissent ici la voie du dialogue et de la souveraineté. Par ailleurs, ils misent sur des projets concrets plutôt que sur les rapports de force. Cette approche mérite d'être suivie de près.
Les prochains mois diront si le calendrier tient. Le sort des combattants liés au PKK, notamment leur éventuelle intégration dans l'armée irakienne, sera l'un des points à surveiller.
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