Mali : les rebelles harcèlent le pouvoir central

Les groupes jihadistes du JNIM et les indépendantistes du FLA ont mené de nouvelles attaques coordonnées contre plusieurs positions stratégiques du nord au sud du pays, démontrant leur capacité à menacer le pouvoir central sur l'ensemble du territoire.
Multiplication des offensives sur le territoire
Selon des sources concordantes, les jihadistes du JNIM, affiliés à Al Qaïda, et les indépendantistes du FLA (Front de Libération de l'Azawad) ont lancé samedi des assauts simultanés visant plusieurs localités clés du nord et du centre du Mali, ainsi qu'une des principales prisons du pays située à quelques dizaines de kilomètres au sud de la capitale. Par ailleurs, le FLA a revendiqué le contrôle de la ville d'Anéfis, dans la région de Kidal, où des paramilitaires russes demeuraient retranchés dans le camp militaire dimanche matin, tandis que des combats se poursuivaient.
En outre, les rebelles ont également visé les villes de Gao, véritable verrou pour le contrôle du nord, et de Sévaré dans le centre, qui abrite une importante base militaire. De plus, Anéfis et Aguelhok constituent désormais les derniers bastions où l'armée malienne maintient une présence dans la région de Kidal, suite aux offensives des 25 et 26 avril qui ont vu la ville stratégique de Kidal passer sous le contrôle des touareg du FLA, un camouflet majeur pour les militaires au pouvoir.
Stratégie de submersion des forces armées
Contrôle étatique fragmenté
Arrivés au pouvoir par un double coup d'Etat en 2020 et 2021, les militaires avaient promis de rétablir la sécurité et de préserver l'intégrité territoriale de ce vaste pays sahélien, notamment en rompant avec l'ancien colonisateur français pour faire appel aux paramilitaires russes du groupe Wagner, devenu Africa Corps. Toutefois, la junte du général Assimi Goïta peine à tenir ces engagements et fait face à une stratégie d'attrition qui érode ses emprises sur le territoire.
La capitale sous pression
Bamako n'échappe pas à la violence qui gangrène le pays, subissant depuis des mois des blocus à répétition des jihadistes qui asphyxient son économie et provoquent des pénuries de carburant. En septembre 2024, une attaque d'une rare ampleur contre l'aéroport militaire de Bamako et l'école de gendarmerie avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires. Par ailleurs, l'assassinat fin avril du ministre de la Défense Sadio Camara à son domicile de Kati, à proximité de la capitale, a démontré la capacité des groupes armés à frapper au cœur même du pouvoir.




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