JO 2028: l'UE accusée de vouloir bloquer le retour des athlètes russes
16:26, 11/08/2026, mardi
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INDRANIL MUKHERJEE AFP
Le renseignement russe accuse l'UE de vouloir couper les fonds du CIO après la levée des sanctions. Le Service russe de renseignement extérieur accuse l'Union européenne de préparer des restrictions de financement contre le CIO et les instances sportives qui acceptent les athlètes russes. Ces affirmations, relayées par Tass, font suite à la levée provisoire de la suspension du Comité olympique russe le 7 juillet. L'Ukraine a saisi le Tribunal arbitral du sport. L'enjeu porte sur une participation russe sous drapeau national aux Jeux de Los Angeles 2028.
Le Service russe de renseignement extérieur (SVR) accuse l'Union européenne de préparer des représailles financières contre le Comité international olympique (CIO). Selon l'agence d'État Tass, Moscou affirme que Bruxelles veut punir les instances sportives qui autorisent les athlètes russes à concourir.
Cette sortie intervient alors que le CIO a levé, en juillet, la suspension du Comité olympique russe. Le dossier
Russie et JO 2028
devient ainsi un point de friction majeur entre Moscou et les capitales européennes.Ce que dénonce le renseignement russe
Le SVR a publié sa déclaration mardi, relayée par Tass.
"L'Union européenne est prête à tout pour empêcher le retour de la Russie dans le sport international"
, affirme le service de renseignement.L'agence russe assure que les responsables européens se disent
"extrêmement préoccupés"
par la décision du CIO. En effet, cette décision a levé les sanctions visant le Comité olympique russe et ses athlètes.Par ailleurs, le SVR cite les inquiétudes européennes liées aux Jeux de Los Angeles. La perspective de voir des sportifs russes concourir sous leur drapeau national, avec leur hymne, alimenterait la colère de plusieurs chancelleries.
"À Bruxelles et dans les capitales des États de l'UE, on se plaint que cette décision du CIO annule de fait les efforts de longue haleine de l'Occident pour 'isoler' notre pays du sport mondial"
, poursuit le communiqué.Cependant, ces affirmations émanent d'un service de renseignement d'État. Elles n'ont pas été confirmées par la Commission européenne. Il convient donc de les traiter avec prudence.
Le CIO a levé la suspension du Comité olympique russe
Le CIO a suspendu provisoirement sa décision de sanction le 7 juillet. La commission exécutive a estimé que le Comité olympique russe ne comptait plus d'organisations sportives régionales situées sur des territoires relevant du Comité national olympique ukrainien.
Cette suspension datait de 2023. Elle punissait l'intégration, par Moscou, de structures sportives issues de régions ukrainiennes.
De plus, la levée reste provisoire. Le CIO peut donc revenir sur sa position si les conditions ne sont pas tenues.
L'Ukraine conteste la décision devant le TAS
Kiev n'a pas tardé à réagir. Le Comité national olympique ukrainien a déposé un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Selon lui, le CIO a agi prématurément. L'instance ukrainienne estime que les violations à l'origine de la suspension de 2023 n'ont pas été correctement vérifiées.
C'est pourquoi le dossier échappe désormais au seul cadre olympique. Un arbitrage juridique va trancher, et son calendrier pèsera sur la préparation des prochaines échéances.
Quatre ans de sanctions sportives contre Moscou
Le sport international a basculé fin février 2022. Quelques jours après le début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, le CIO a recommandé d'écarter les athlètes russes et bélarusses des compétitions.
En mars 2023, l'instance a assoupli sa ligne. Elle a recommandé une participation sous statut d'athlètes individuels neutres. Toutefois, elle a précisé que les sportifs qui "soutiennent activement la guerre" ne pouvaient pas concourir.
Le 7 mai dernier, un nouveau palier a été franchi. La commission exécutive du CIO a cessé de recommander des restrictions pour les athlètes et équipes du Bélarus. Les conditions de participation imposées auparavant ont donc été levées pour eux.
En revanche, le cas russe restait ouvert jusqu'à la décision de juillet. La séquence montre une érosion progressive du dispositif adopté en 2022.
Russie et JO 2028: quels scénarios à Los Angeles
Trois hypothèses se dessinent aujourd'hui pour les Jeux de Los Angeles.
Premièrement, une participation pleine et entière, sous drapeau et hymne russes. Ce scénario découlerait d'une confirmation définitive de la levée de suspension.
Deuxièmement, un maintien du statut neutre. Les fédérations internationales conservent en effet leur autonomie sur les qualifications de chaque discipline.
Troisièmement, un retour en arrière imposé par le TAS. Une décision favorable à Kiev rebattrait alors les cartes.
Ainsi, rien n'est joué. Le CIO conserve la main, mais il avance sous forte pression politique.
Un bras de fer politique autant que sportif
Le financement européen du mouvement olympique reste limité en volume. Néanmoins, les États membres pèsent lourd comme organisateurs, diffuseurs et hôtes de fédérations.
Un durcissement européen frapperait donc moins le budget du CIO que sa marge de manœuvre diplomatique. De plus, plusieurs pays peuvent agir seuls, en refusant des visas ou en boycottant des épreuves.
Moscou l'a compris. En dénonçant publiquement un supposé plan européen, le SVR cherche à placer Bruxelles en position d'accusé. La Russie se présente ainsi en victime d'une exclusion politique.
À l'inverse, les partisans du maintien des sanctions rappellent un principe simple. Selon eux, le sport ne saurait servir d'outil de normalisation pendant un conflit armé.
Le calendrier des prochains mois sera décisif. Le TAS doit examiner le recours ukrainien, et le CIO devra confirmer ou non sa décision de juillet.
D'ici là, les déclarations du SVR restent des allégations non vérifiées. Elles éclairent toutefois la stratégie de communication russe autour du retour au sport mondial.
Le rendez-vous de Los Angeles, en 2028, tranchera concrètement la question. Jusque-là, chaque décision technique du CIO sera lue comme un geste politique.
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