Pollution des eaux en Italie : un tiers des prélèvements hors normes
17:55, 10/08/2026, lundi
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Stefano RELLANDINI AFP
Un tiers des prélèvements en mer et en lac dépassent les limites légales en Italie. Les lacs signent leur pire résultat en sept ans, selon Legambiente.Plus d'un tiers des échantillons d'eau prélevés en mer et dans les lacs italiens dépassent les limites légales de pollution. C'est le constat du rapport 2026 de Legambiente, publié à l'issue des campagnes Goletta Verde et Goletta dei Laghi. Les lacs enregistrent leur pire résultat depuis sept ans. Le traitement insuffisant des eaux usées reste la cause principale. Sept embouchures surveillées sur dix ne signalent aucune interdiction de baignade.
Les mers et les lacs italiens vont mal. Un nouveau rapport environnemental dresse un constat sévère. Plus d'un prélèvement sur trois dépasse les limites légales de pollution. Ce résultat concerne l'ensemble du littoral et des grands bassins lacustres du pays.
L'alerte vient de Legambiente, principale association écologiste italienne. Elle publie chaque été les résultats de ses campagnes Goletta Verde et Goletta dei Laghi. Le bilan 2026 ne montre aucune amélioration.
Pollution des eaux en Italie: un tiers des échantillons hors limites
Les enquêteurs ont analysé 391 échantillons dans 19 régions italiennes. Résultat: 34 % dépassent les seuils fixés par la loi. Autrement dit, plus d'un échantillon sur trois est non conforme.
"En Italie, cet été encore, les mers et les lacs sont de plus en plus sous pression et vulnérables"
, indique l'évaluation de Goletta Verde et Goletta dei Laghi 2026.Ce chiffre n'a rien d'accidentel. En effet, il reproduit presque exactement celui de l'an dernier. Aucune inflexion positive n'apparaît donc dans les données.
"Malheureusement, le chiffre global est conforme à celui de l'année dernière et ne montre aucune amélioration"
, précise le rapport.Les lacs italiens signent leur pire résultat en sept ans
La situation des lacs inquiète particulièrement les chercheurs. Le taux de 34 % relevé en 2026 constitue en effet le plus mauvais score depuis 2020.
"La tendance est également négative pour les lacs, où les 34 % enregistrés en 2026 représentent le pire résultat des sept dernières années (2020-2026)"
, souligne le document.Cette dégradation touche des sites très fréquentés. Or les grands lacs du nord attirent chaque été des millions de visiteurs. Par ailleurs, ils alimentent aussi l'agriculture et l'approvisionnement en eau potable.
Les embouchures de rivières, principaux points noirs
Les prélèvements les plus alarmants proviennent des embouchures. Les équipes y ont analysé 188 échantillons. Plus de la moitié, soit 54 %, se révèlent pollués ou fortement pollués.
Ce constat n'a rien de surprenant. Les rivières transportent en effet les rejets accumulés sur des centaines de kilomètres. Elles concentrent ensuite ces charges polluantes à leur débouché en mer ou en lac.
Les zones éloignées des rivières ne sont pas épargnées pour autant. Le rapport y relève aussi des dépassements réguliers.
"Même dans les zones éloignées des embouchures ou des points de rejet, la qualité de l'eau n'est pas au mieux : 15 % des échantillons prélevés directement en mer ou dans les eaux lacustres dépassaient les limites légales, dont 5 % classés pollués et 10 % fortement pollués"
, ajoute l'évaluation.Quelles régions sont les plus touchées
Les campagnes couvrent 19 des 20 régions italiennes. Les équipes parcourent le littoral du nord au sud, puis les grands bassins lacustres.
Aucune façade maritime n'échappe aux dépassements. La côte adriatique, la mer Tyrrhénienne et les eaux siciliennes présentent toutes des points critiques. De même, les lacs alpins et l'Italie centrale affichent des résultats dégradés.
Le rapport insiste sur un facteur commun. Les zones à forte densité urbaine concentrent en effet la majorité des non-conformités.
Un traitement des eaux usées toujours défaillant
Legambiente pointe une cause principale. Le traitement inadapté des eaux usées pèse lourdement sur la santé des bassins.
L'Italie traîne ce dossier depuis des années. Bruxelles a d'ailleurs déjà condamné le pays à plusieurs reprises pour ses retards en matière d'assainissement. De plus, de nombreuses agglomérations restent dépourvues de stations conformes aux normes européennes.
C'est pourquoi l'association réclame des investissements massifs. Elle appelle également les régions à accélérer la mise aux normes des réseaux existants.
L'information du public reste largement insuffisante
Le rapport soulève un autre problème, moins technique mais tout aussi sensible. Les baigneurs ne sont pratiquement jamais avertis du danger.
Sur l'ensemble des embouchures surveillées, 70 % ne comportaient aucun panneau interdisant la baignade. Les vacanciers se baignent donc parfois à quelques mètres de rejets fortement pollués.
Cette absence de signalisation pose une question de santé publique. En revanche, la loi italienne impose bien cette information. L'écart entre la règle et le terrain reste donc considérable.
Une pression croissante sur la Méditerranée
Le cas italien dépasse largement les frontières du pays. La Méditerranée figure en effet parmi les mers les plus pressurisées du monde.
Ce bassin semi-fermé se renouvelle très lentement. Ainsi, chaque rejet y demeure longtemps avant d'être dilué. Le tourisme de masse, l'agriculture intensive et l'urbanisation littorale amplifient encore le phénomène.
Les pays riverains partagent donc une responsabilité commune. Türkiye, Grèce, Espagne ou France font face à des enjeux comparables sur leurs côtes.
Ce que le rapport ne mesure pas
Les campagnes Goletta ciblent avant tout la contamination bactériologique. Elles recherchent notamment les entérocoques intestinaux et Escherichia coli. Ces bactéries signalent une contamination d'origine fécale.
Le protocole ne couvre cependant pas tous les polluants. Les microplastiques, les métaux lourds et les résidus médicamenteux échappent à ces mesures. La pollution réelle pourrait donc dépasser le tableau décrit.
Legambiente insiste sur un point. Ses prélèvements ne remplacent pas les contrôles officiels des autorités sanitaires. Ils servent plutôt d'alerte citoyenne sur les zones négligées.
Un signal d'alarme pour l'été 2026
Les données de 2026 confirment une stagnation préoccupante. Aucune des trois séries de mesures ne s'améliore par rapport à 2025.
Les associations réclament désormais un plan national d'assainissement. Elles demandent aussi une transparence complète sur les résultats d'analyse.
En attendant, la vigilance revient largement aux baigneurs eux-mêmes. Les autorités locales publient des cartes de qualité des eaux de baignade. Il reste conseillé de les consulter avant chaque saison estivale.
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