Les forces armées ont pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2021, déclenchant une guerre civile, mais elles assurent que les élections prévues dans trois semaines ouvriront la voie à la paix et à la démocratie.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une répression du dissident préélectorale, tandis que des analystes décrivent ce scrutin comme une manœuvre visant à masquer la poursuite du pouvoir militaire.
Le vote ne se tiendra pas dans les vastes zones échappant au contrôle de la junte.
Les militaires avaient annulé les résultats des élections de 2020, invoquant sans preuve des fraudes, emprisonné la dirigeante élue Aung San Suu Kyi et dissous son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, vainqueur du scrutin.
Le ministre thaïlandais Sihasak Phuangketkeow avait déclaré à la presse à Bangkok le mois dernier que les prochaines élections au Myanmar ne seraient ni "libres ni crédibles"
et avait prédit que son pays "ne serait pas en mesure de reconnaître le scrutin"
. Sihasak a rencontré le chef de la junte, Min Aung Hlaing, à Naypyidaw dimanche, selon des communiqués publiés lundi par les deux gouvernements.
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a indiqué que son chef de la diplomatie "a exprimé l’espoir que les prochaines élections constituent une transition politique importante et s’inscrivent dans un processus de paix plus large"
. Au moment de leur rencontre, les médias d’État du Myanmar publiaient en une un discours de Min Aung Hlaing promettant que l’armée "maintiendra son leadership politique dans les circonstances actuelles"
. Il a affirmé que l’armée pourra "réduire progressivement sa participation » au Parlement « lorsque la démocratie prospérera dans le pays, et qu’aucun groupe ethnique armé ne sera actif"
. Depuis 1948, des groupes armés issus de minorités ethniques mènent des combats intermittents contre l’armée.
Aucun accord de paix global n’a pu être conclu, même durant la décennie d’ouverture démocratique qui avait porté Aung San Suu Kyi au pouvoir.
La violence s’est fortement intensifiée depuis le coup d’État de 2021.
Après la répression des manifestations prodémocratie, des militants ont rejoint des unités de guérilla combattant l’armée aux côtés de groupes armés expérimentés.
Il n’existe pas de bilan officiel et les estimations varient. Selon l’organisation Armed Conflict Location & Event Data Project, plus de 90 000 personnes ont été tuées toutes parties confondues depuis le coup d’État.
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