19:00, 12/07/2026, dimanche
Vers la fin de la force de l'Union africaine en Somalie ?
La mission de l'Union africaine déployée en Somalie pour soutenir les autorités dans leur lutte contre le groupe terroriste Al-Shabaab pourrait entrer dans une période d'incertitude. La décision des États-Unis de mettre fin, à partir de la fin de cette année, à leur financement du Bureau d'appui des Nations unies en Somalie (UNSOS) soulève de nombreuses inquiétudes quant à l'avenir de cette opération militaire.
Considérée comme l'un des principaux piliers de la sécurité en Somalie, cette force africaine accompagne les Forces armées somaliennes dans leurs opérations contre Al-Shabaab, une organisation affiliée à Al-Qaïda qui continue de contrôler plusieurs zones rurales et de mener régulièrement des attentats meurtriers, notamment dans la capitale Mogadiscio.Le retrait du principal bailleur de fonds de l'UNSOS pourrait fragiliser l'ensemble du dispositif sécuritaire mis en place ces dernières années.
L'UNSOS joue un rôle central dans le fonctionnement quotidien de la mission africaine. Placé sous l'autorité des Nations unies, ce bureau assure le transport des troupes, le ravitaillement en nourriture et en carburant, la maintenance des équipements, les évacuations médicales ainsi que le soutien logistique indispensable aux opérations militaires. Les États-Unis financent une part importante de ce dispositif, ce qui fait de leur retrait un enjeu majeur pour la poursuite des opérations.
Washington justifie sa décision par le manque de résultats jugés suffisants dans la lutte contre les groupes terroristes. Les autorités américaines estiment que malgré plusieurs années d'engagement international, Al-Shabaab conserve une capacité opérationnelle importante et continue de représenter une menace pour la stabilité de la Somalie.
L'Union africaine cherche une solution d'urgence
Déployée en janvier 2025 pour succéder à la mission de transition précédente, la Mission de soutien et de stabilisation de l'Union africaine en Somalie (AUSSOM) rassemble près de 12 000 militaires provenant de plusieurs pays africains. Elle intervient principalement en appui de l'armée somalienne dans les zones les plus exposées aux attaques d'Al-Shabaab.Depuis plusieurs mois, les combattants d'Al-Shabaab ont intensifié leurs offensives dans le centre et le sud du pays. Le groupe mène des attaques contre les bases militaires, les convois gouvernementaux et les infrastructures publiques, tout en poursuivant ses attentats dans les grandes villes.
Face à l'annonce américaine, l'Union africaine a engagé des consultations avec les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux afin d'identifier un mécanisme de financement alternatif. L'objectif est d'éviter une interruption des activités logistiques indispensables au maintien des opérations militaires.
Plusieurs États africains ont également exprimé leur préoccupation, estimant qu'un affaiblissement de la mission pourrait remettre en cause les progrès réalisés ces dernières années en matière de sécurité.
Un risque de vide sécuritaire favorable à Al-Shabaab
Les experts estiment qu'une suspension de la mission créerait un vide sécuritaire susceptible d'être exploité par Al-Shabaab. Malgré les offensives menées par les forces somaliennes avec l'appui de leurs partenaires africains, l'organisation conserve des capacités militaires importantes et poursuit ses activités de recrutement, de collecte de taxes illégales et de contrôle territorial dans plusieurs régions.Un retrait ou un affaiblissement significatif du soutien international pourrait compliquer les efforts du gouvernement somalien pour sécuriser les zones reprises ces dernières années. Les autorités de Mogadiscio restent fortement dépendantes de l'appui logistique, du renseignement et de l'accompagnement opérationnel fournis par leurs partenaires internationaux.
Au-delà de la Somalie, une dégradation de la situation sécuritaire pourrait avoir des conséquences pour l'ensemble de la Corne de l'Afrique. Les pays voisins, notamment le Kenya et l'Éthiopie, restent régulièrement visés par les activités transfrontalières d'Al-Shabaab, qui cherche à étendre son influence dans la région.
L'avenir de la mission africaine dépendra désormais de la capacité de l'Union africaine, des Nations unies et de leurs partenaires à mobiliser rapidement de nouvelles ressources financières. Sans solution durable, la lutte contre Al-Shabaab pourrait entrer dans une nouvelle phase d'incertitude, au moment où le groupe terroriste démontre qu'il demeure l'une des principales menaces sécuritaires en Afrique de l'Est.
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