"Le mouvement des forces de l’AFC/M23 hors d’Uvira est en cours et sera terminé d’ici demain"
, a déclaré, mercredi, Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du M23, dans une déclaration transmise aux médias dont l'Agence Anadolu.Il n'a toutefois pas indiqué vers quelle zone se repliaient les troupes.
Plusieurs sources locales et sécuritaires jointes par Anadolu, ont confirmé qu'un début de retrait était effectivement observé mercredi soir, avec des mouvements de combattants vers le nord de la ville, sur l’axe reliant Uvira à Kamanyola.
"Zone sans maitre"
Des images authentifiées par Anadolu et qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent des militaires quitter la ville en file, certains à bord des véhicules et d'autres à pieds.
Albert Mutwale, un prêtre du diocèse catholique d'Uvira joint par Anadolu était inquiet de savoir quelles forces prendrait rapidement le relai.
"Nous risquons de rester dans une zone sans maître, à la merci des pillards et autres criminels notamment des miliciens qui n'ont pas de comptes à rendre"
, a-t-il déclaré espérant toutefois que l'armée gouvernementale se déploiera "sans attirer l'ire des rebelles".
Dans sa déclaration, Bertrand Bisimwa a appelé "la population civile à rester calme"
et exhorté "la médiation et les autres partenaires"
à veiller à ce qu’Uvira soit "protégée de la violence, des représailles et de la remilitarisation"
. Il n’a pas précisé quelles forces seraient chargées d’assurer la sécurité après le retrait annoncé.
Pressions diplomatiques
Uvira, ville stratégique située sur les rives du lac Tanganyika et à proximité de la frontière burundaise, avait été investie par l’AFC/M23 après une série d’avancées dans la province du Sud-Kivu. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23, ce que Kigali dément.
Le retrait intervient dans un contexte de fortes pressions diplomatiques, notamment de la part des États-Unis et d’autres partenaires internationaux, qui appellent à un cessez-le-feu durable et à la reprise des efforts de médiation pour éviter une nouvelle escalade régionale.
Le Mouvement du 23 Mars (M23), né en 2012 d'une mutinerie de l'armée congolaise, a été défait militairement en 2013 avant de reprendre les armes fin 2021 au Nord-Kivu. Kinshasa a longtemps accusé le Rwanda de soutenir ce groupe pour déstabiliser l'Est de la RDC et piller ses ressources, ce que des rapports de l'ONU ont corroboré.
Kigali, de son côté, justifiait ses actions par la menace des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), milice héritière du génocide de 1994, accusant l'armée congolaise de collaboration avec ces derniers.
La résurgence du M23 a causé des milliers de morts d'après le gouvernement congolais.
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