Il est notamment revenu lors d'un entretien sur RFI et France 24, sur les divergences qui ont mené au divorce avec le Président Bassirou Diomaye Faye. Il a aussi insisté sur le respect strict du calendrier des élections locales, défendu avec fermeté la souveraineté législative du Sénégal et plaidé pour un débat politique courageux sur l’annulation d’une partie de la dette publique, qualifiée d’"odieuse"
. "Des engagements dévoyés"
: une lecture politique de la rupture
Interrogé sur les divergences avec le Président Faye, Sonko a préféré s’en tenir à une analyse politique plutôt que morale ou affective :
"Les notions de trahison relèvent beaucoup plus de la morale et de l’affectif. Je préfère rester sur une notion politique. Il s’agit d’engagements qui ont été pris vis-à-vis du peuple Sénégalais et dont beaucoup ont été complètement dévoyés de la trajectoire qui avait été choisie. La plupart ne sont pas respectés et il n’y a visiblement pas de volonté de les respecter".
Élections locales : "Elles devront se tenir à date"
Sur la question sensible du report éventuel des élections locales, le président de l’Assemblée nationale, Président du PASTEF, a été catégorique :
"Il n’y a aucune raison de les reporter. Elles devront se tenir à date. Nous avons jusqu’à mi-juillet pour fixer la date des élections et plus tard convoquer le corps électoral. Nous espérons qu’il (le président) respectera ses responsabilités légales".
Cette déclaration intervient alors que des rumeur circulent sur un possible report des scrutins locaux.
Renforcement de la loi contre les LGBTQ+ : "Le Sénégal est un pays souverain"
Sonko a également défendu avec force la souveraineté du Sénégal face aux critiques internationales, notamment françaises, concernant le durcissement de la législation sur les questions sociétales :
"Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend, ni devant l’Occident ni devant personne. La France a pris des lois que le Comité de défense des droits de l’homme des Nations unies a considérés comme attentatoires aux droits humains, notamment sur le voile… vous ne nous avez pas entendus nous prononcer dessus, ni notre presse. On attend de vous la même courtoisie et le même respect".
Et d’ajouter, sans ambiguïté :
Revenir sur cette loi pourquoi ? Parce que la France n’en veut pas ? S’il faut la renforcer, on la renforcera.
Dette : "Pour partie odieuse"
et opposition à toute solution qui sacrifierait le changement structurel Sur la gestion de la dette publique, Sonko est revenu en détail sur sa position passée en tant que Premier ministre et sur les perspectives actuelles.
Il a rappelé avoir toujours été opposé à une "restructuration sauvage"
, les fondamentaux économiques du pays étant alors relativement solides. Il a évoqué la continuité de l’État qui fait que ce régime ait hérité la dette de l'ancien, et sur la nécessité de gérer les échéances, tout en soulignant que la dette se refinance partout dans le monde. Il a néanmoins clairement ouvert la porte à un débat sur l’annulation partielle au titre de dette odieuse :
"Cette dette est effectivement pour une partie odieuse. Il faut du courage politique pour poser ce débat-là et j’espère […] que l’exécutif actuel prendra ses responsabilités pour aller dans ce sens et discuter pour effectivement l’annulation d’une partie de la dette".
Concernant d’éventuelles mesures futures, il a prévenu :
"Comme je l’ai dit dans l’absolu, nous ne sommes pas là pour faire de l’entrave, mais si une solution devait être prise qui ne va pas dans le sens de l’intérêt du Sénégal, qui sacrifie nos options de changement systémique et structurel à l’autel de ratios à court terme, nous ne l’accepterons pas et ce qui relève du pouvoir de l’Assemblée nationale, nous l'utiliserons pour dire non".
Il a précisé que cette proposition d’annulation partielle avait déjà été faite par le passé et que lui et le Président étaient restés "en phase"
sur la gestion de la dette jusqu’à une discussion récente. Note légère : Sénégal – France, "c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique"
Interrogé sur le match France-Sénégal qui aura le lieu ce mardi dans le cadre de la Coupe du Monde de football, Sonko a conclu sur une tonalité plus décontractée mais assez provocatrice :
"Je pense que le Sénégal va gagner, je le souhaite. (…) Mais quel que soit le résultat, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique,"
faisant notamment référence aux origines africaines de plusieurs joueurs de l'équipe de France.Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par les débats sur la souveraineté économique, le respect des engagements électoraux et les relations avec les partenaires traditionnels, et notamment quelques jours après le limogeage de Sonko de la Primature.
A lire également:

International
Sénégal : Sonko réélu à la tête de Pastef, vers une crise au sommet de l'État ?

International
Sénégal : Ousmane Sonko reconduit à la tête de Pastef

International
Sénégal : La composition du nouveau gouvernement dévoilée

International
Sénégal : L’économiste Ahmadou Al Aminou Lô nommé premier ministre

International
Sénégal : Ousmane Sonko parti pour diriger l’assemblée nationale
Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.