Ouverture d'un nouveau pont entre la Chine et la Corée du Nord
11:45, 14/10/2026, mercredi
AFP

Shanghai DailyX
Vue du nouveau pont routier sur le fleuve Yalu, frontière entre la Chine et la Corée du Nord.Un nouveau pont routier de 3 026 mètres ouvre jeudi sur le fleuve Yalu, entre la ville chinoise de Dandong et la Corée du Nord. Achevé en 2014, il était resté fermé faute de routes et de douanes côté nord-coréen. Il doit compléter, puis remplacer le pont de l'Amitié. Cette ouverture confirme le rôle central de la Chine face à Pyongyang et à la Russie.
Un nouveau pont ouvre ce jeudi 15 octobre entre la Chine et la Corée du Nord. Il franchit le fleuve Yalu, qui marque la frontière entre les deux pays. Les médias d'État chinois l'ont annoncé mercredi. Ainsi, Pékin et Pyongyang renforcent encore leurs liens physiques.
Un nouveau pont Chine–Corée du Nord, de Dandong au Yalu
L'ouvrage relie la ville chinoise de Dandong à l'un des pays les plus fermés du monde. Il est destiné au trafic routier. De plus, il s'ajoute aux ponts déjà existants sur le fleuve.
Cette ouverture n'a rien d'anodin. En effet, elle prolonge une série de gestes récents entre les deux voisins. La Chine reste le premier soutien diplomatique et économique de Pyongyang.
Un ouvrage de 3 026 mètres achevé en 2014
Le pont compte quatre voies. Il mesure 3 026 mètres de long. Les travaux se sont terminés en 2014, il y a plus de dix ans.
Pourtant, il n'a jamais ouvert jusqu'ici. Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, plusieurs obstacles l'ont retardé. D'abord, il manquait des routes de raccordement côté nord-coréen. Ensuite, les installations douanières n'existaient pas non plus.
Pourquoi remplacer le pont de l'Amitié sino-coréenne ?
Le pont de l'Amitié sino-coréenne reste aujourd'hui l'axe principal. Sa capacité est cependant limitée. Le nouvel ouvrage doit donc offrir une alternative.
À terme, il pourrait même le remplacer. Par conséquent, les flux de marchandises et de véhicules devraient gagner en fluidité. C'est un enjeu logistique majeur pour la région.
Un coup de fouet possible pour l'économie nord-coréenne
Les échanges par les ponts de Dandong sont restés limités jusqu'à présent. Le chercheur Ahn Chan-il, d'origine nord-coréenne, l'a rappelé. Selon lui,
"des centaines de véhicules pourraient l'emprunter chaque jour".
Il estime aussi que le pont pourrait acheminer d'importants volumes de marchandises chinoises. Ces ressources donneraient, d'après lui, un élan considérable à l'économie nord-coréenne. Cette analyse reste toutefois une projection, pas un fait établi.
Pékin, Moscou, Pyongyang : un jeu d'équilibres
Ce pont intervient environ un mois après un autre événement. La Corée du Nord et la Russie ont inauguré leur premier pont routier. Pyongyang y a vu le signe d'un renforcement de ses relations bilatérales.
En revanche, la Chine ne perd pas son rôle central. Elle soutient son voisin malgré son rapprochement avec la Russie. Or Moscou est à la fois un partenaire et un rival régional de Pékin.
Séoul, de son côté, observe la situation. Le ministère sud-coréen de l'Unification a indiqué à l'AFP qu'il suit l'ouverture
"de près".
Des liens relancés depuis la pandémie de Covid-19
Ce pont s'inscrit dans une reprise plus large. En mars, Air China a rétabli ses vols directs entre Pékin et Pyongyang. Ils étaient suspendus depuis six ans à cause de la pandémie.
Le même mois, les deux pays ont relancé la liaison ferroviaire. Elle était à l'arrêt depuis 2020. Par ailleurs, la Chine a rouvert entièrement ses frontières en 2023.
L'accès à la Corée du Nord reste pourtant sévèrement restreint. Le pays est dirigé d'une main de fer par la dynastie Kim depuis trois générations. Il demeure aussi soumis à de multiples sanctions de l'ONU.
Ce que l'ouverture change pour les échanges
Pour l'instant, le trafic reste modeste sur le Yalu. Cependant, le nouveau pont offre une capacité bien supérieure à celle de l'ancien. Les camions pourront donc circuler plus facilement entre Dandong et la Corée du Nord.
Les douanes jouent aussi un rôle clé. Sans installations de contrôle, aucun pont ne fonctionne vraiment. C'est pourquoi la construction de ces infrastructures côté nord-coréen reste un point à surveiller.
Enfin, l'accès au pays demeure très encadré. Les voyageurs étrangers y entrent difficilement. Le pont ne changera donc pas cette réalité à lui seul.
Sanctions de l'ONU: un regard critique
Les sanctions pèsent lourdement sur Pyongyang. Cependant, la réalité internationale montre de fortes inégalités de traitement. Des États qui violent le droit international en Palestine occupée (Cisjordanie) et à Gaza ne subissent aucune mesure comparable.
Ce deux poids, deux mesures nourrit la défiance de nombreux pays. C'est pourquoi les alliances alternatives, comme celle entre Pékin et Pyongyang, attirent l'attention.
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