La France rapatrie 13 de ses ressortissants détenus dans des camps du nord-est de la Syrie
16:29, 16/09/2025, mardi
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Delil SOULEIMANAFP ARCHIVES
La Française Émilie König marche dans le camp d'Al-Roj, dans le nord-est de la Syrie, le 28 mars 2021, où elle est détenue avec d'autres personnes soupçonnées d'être des proches de membres présumés du groupe Daech.La France a procédé, mardi, au rapatriement, sur son sol, de 13 personnes détenues dans des camps du nord-est de la Syrie, a annoncé le Quai d’Orsay dans un communiqué de presse.
Cette opération concerne 10 mineurs et 3 femmes adultes âgées entre 18 et 34 ans.
Dans le détail, les enfants mineurs ont été pris en charge par les services sociaux et font l’objet d’un suivi approprié, tandis que les femmes font l’objet de poursuites judiciaires.
Selon Le PNAT (parquet national antiterroriste) cité par TF1
"deux ont été placées en garde à vue, sur commission rogatoire du juge d'instruction"
, tandis qu’une troisième "faisant l'objet d'un mandat d'arrêt sera présentée à un juge d'instruction dans la journée"
en vue d’une probable mise en examen.Dans son communiqué, Paris remercie
"les autorités syriennes de transition ainsi que l’administration locale du Nord-Est syrien qui a rendu possible cette opération".
Maître Marie Dosé, qui défend plusieurs français détenus dans des camps du nord-est syrien, indique que pour les familles
"qui attendaient leurs petits-enfants, neveux et nièces depuis plus de six ans, c'est un immense et indescriptible soulagement"
mais fait état d’une satisfaction en demi-teinte.Dans un communiqué de presse publié ce mardi, l’avocate parisienne rappelle que
"la France laisse derrière elle 110 enfants Français toujours détenus dans le camps de Roj depuis plus de 6 ans"
et "des jeunes filles arrivées dans le camp de Roj à l'âge de douze ou treize ans et qui, devenues majeures, appellent en vain à leur rapatriement"
.Elle souligne à cet effet que
"pendant de longues années, la France leur a expliqué qu'elles ne pouvaient pas rentrer sans l'accord de leur mère"
et considère que désormais "majeures, elle les abandonne derrière des barbelés"
."La France laisse également derrière elle cinq jeunes majeurs, tous gravement malades et en grande souffrance psychologique, emmenés de force par leurs parents en zone de guerre lorsqu'ils étaient enfants. Il y a deux ans, l'un d'entre eux a été purement et simplement oublié sur place: le reste de sa famille fut rapatrié sans lui"
grince l’avocate qui déplore le fait que la France fasse "le choix de l'arbitraire"
.Et de poursuivre:
"Ce qu'elle consentait à faire hier, rapatrier des femmes qui n'avaient pas eu d'enfants ou dont les enfants étaient décédés, voilà qu'elle se refuse aujourd'hui à le faire. Ce qu'elle acceptait de faire hier, rapatrier des enfants nés en France, qui avaient grandi en France, puis avaient été conduits de force en Syrie avant d'acquérir la nationalité française, elle s'y refuse aujourd'hui. Même chose pour ces jeunes majeurs détenus aux centres Orkesh et Houri, et à la prison d'Alaya. Surtout, la France, qui refusait de rapatrier des enfants tant que leurs mères n'avaient pas donné leur accord, refuse aujourd'hui leur retour alors qu'ils sont devenus majeurs. Ce faisant et plus que jamais, la France décide donc de faire payer à ces enfants le choix de leurs parents"
.Ce nouveau rapatriement intervient alors que la France a notamment été condamnée par la CEDH (Cour européenne des droits de l’Homme), en septembre 2022 et été sommée de procéder au réexamen de toutes les demandes de rapatriement des femmes et enfants français détenus dans des camps du nord-est syrien, avec des garanties
"contre l’arbitraire".
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