Iran : aucune solution militaire au Moyen-Orient
15:35, 04/10/2026, dimanche
AFP

Photo par MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO / NURPHOTO /AFP
Des Iraniens se tiennent au bord d’une rue, sous un panneau d’affichage à Téhéran montrant un membre armé des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) debout, en Iran, le 26 septembre 2026. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a exclu dimanche toute "solution militaire" au conflit au Moyen-Orient, appelant à des négociations "basées sur la justice", alors que les tensions persistent avec Washington.
Avertissement et exclusion d'une option militaire
Selon des sources diplomatiques à Téhéran, Abbas Araghchi a tenu ces propos devant un auditoire d'ambassadeurs étrangers réunis dans la capitale iranienne.
"Si nos ennemis choisissent à nouveau la voie de la confrontation militaire, notre riposte sera plus forte qu'auparavant, et nous nous défendrons avec plus de force encore",
a-t-il déclaré. Le ministre a également souligné que la voie des sanctions ne pourrait résoudre la crise actuelle."Il n'existe aucune solution militaire, ni aucune solution fondée sur de nouvelles sanctions",
a-t-il précisé dans son allocution. "Seules des négociations basées sur la justice et l'équité permettront de trouver une solution".
Ces déclarations interviennent alors que les pourparlers indirects entre Téhéran et Washington peinent à progresser malgré plusieurs rounds de discussions en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.Incidents et tensions autour d'Ormuz
Par ailleurs, la sécurité maritime dans la région demeure précaire. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dimanche qu'un tanker avait été touché par un
"projectile non identifié"
dans le détroit d'Ormuz, causant des dégâts dans la salle des machines sans faire de victimes. Cet incident survient alors que Téhéran a proposé fin septembre de rouvrir cette voie stratégique sous sept jours en échange de la levée des sanctions américaines.De plus, Washington a renforcé sa pression économique en imposant de nouvelles restrictions visant le secteur aérien iranien.
"Rétablir la sécurité de cette voie maritime exige des mesures concrètes de la part des Américains",
a affirmé Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, citant notamment la levée du blocus et des sanctions. Selon la plateforme Flightradar24, le trafic aérien à l'aéroport international de Téhéran a chuté de 42% depuis l'entrée en vigueur de ces mesures, bien que les liaisons vers la Türkiye et la Chine demeurent opérationnelles.Le Yémen, nouveau théâtre d'opérations
En outre, le conflit s'étend progressivement au Yémen, devenu un front régional majeur. Selon le média américain Axios, les États-Unis ont déployé des batteries de missiles Patriot supplémentaires en Arabie saoudite et au Qatar pour protéger leurs infrastructures énergétiques. Le porte-avions USS Theodore Roosevelt se dirigerait également vers la zone, rejoignant deux autres groupes aéronavals déjà présents dans le golfe Persique.
Les Houthis yéménites, soutenus par Téhéran, ont revendiqué samedi une nouvelle attaque contre une installation du géant pétrolier Saudi Aramco au sud de Riyad. Toutefois, le général Turki al-Malki, porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, a rejeté ces accusations, les qualifiant de
"trompeuses"
dans les colonnes du quotidien Asharq Al-Awsat.Pour rappel, un cinquième des flux mondiaux d'hydrocarbures transitait avant la guerre par le détroit d'Ormuz, dont l'Iran revendique le contrôle. Malgré les prétentions de Téhéran, les navires sont de plus en plus nombreux à emprunter cette voie sous escorte américaine, les flux de pétrole du Golfe ayant atteint fin septembre leurs niveaux d'avant-guerre selon les données de la plateforme Kpler.
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