Incendies en Grèce: 70 000 hectares partis en fumée en neuf ans
14:03, 04/08/2026, mardi
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En Grèce, près de 70 000 hectares ont brûlés en neuf ans. La crise climatique et l'urbanisation aggravent la menace en Grèce.En neuf ans, les incendies en Attique ont détruit près de 70 000 hectares autour d'Athènes. Le dernier feu a ravagé environ 14 000 hectares dans l'ouest de la région. Selon l'Observatoire national d'Athènes, la crise climatique aggrave la fréquence et l'intensité des sinistres. Le chercheur Haris Kontoes alerte sur l'urbanisation des zones boisées. Il appelle à repenser l'urbanisme et la protection des habitations face aux flammes.
Les incendies en Attique ravagent la Grèce à un rythme alarmant. En neuf ans, près de 70 000 hectares ont brûlé dans cette région qui entoure Athènes. Ce chiffre provient de l'Observatoire national d'Athènes, relayé mardi par des médias locaux.
Ainsi, la question des feux de forêt s'impose comme un enjeu majeur. En effet, la crise climatique amplifie chaque année leur fréquence et leur intensité. De plus, l'urbanisation des zones boisées met des milliers de foyers en danger direct.
Un nouveau feu dévaste l'ouest de l'Attique
Le dernier incendie touche l'ouest de l'Attique. Selon la chaîne publique grecque ERT, il a déjà brûlé environ 14 000 hectares. Toutefois, des analyses restent nécessaires pour mesurer l'ampleur exacte des dégâts.
Ce foyer s'est propagé vers des terres déjà touchées par de précédentes catastrophes. Il a notamment atteint des zones incendiées en 2009 puis en 2021. Par ailleurs, la surveillance satellite suit l'évolution du sinistre en temps quasi réel.
Haris Kontoes dirige la recherche au sein de l'unité BEYOND de l'Observatoire. Il explique que les systèmes satellitaires livrent des mises à jour toutes les cinq minutes. Grâce à eux, les équipes ont détecté des reprises de feu et de nouveaux fronts.
Quand le feu cherche la forêt encore vivante
Les cartes de l'unité BEYOND révèlent un phénomène frappant. En effet, la zone brûlée actuelle recouvre largement l'empreinte de l'incendie de 2009. Kontoes le confirme à partir des relevés satellitaires.
Après avoir progressé vers l'est, le feu a traversé la zone de Porto Germeno. Là, il a rencontré des terres déjà brûlées en 2021. Or, la végétation combustible y manquait encore.
"Là où ça avait brûlé en 2021, il n'y avait plus le même combustible. Donc, le feu cherche ce qu'il reste de forêt vivante"
, précise le chercheur. Cette dynamique montre comment les feux successifs redessinent le paysage.L'urbanisation, un facteur de risque majeur
Kontoes alerte aussi sur un danger croissant. En effet, de nombreuses habitations se dressent dans les forêts ou à proximité. Cette proximité accroît fortement la menace pour les habitants.
"Les localités côtières sont construites dans les forêts"
, souligne-t-il. Selon lui, l'ouest de l'Attique illustre un problème bien plus large. De plus, ce modèle d'urbanisation fragilise toute la région.Le chercheur pointe ensuite plusieurs risques persistants. Les bâtiments anciens manquent souvent de protection incendie. Par ailleurs, les terrains non débroussaillés et les routes étroites compliquent l'accès des pompiers.
La multiplication des feux impose des changements profonds. C'est pourquoi Kontoes appelle à revoir l'urbanisme et la protection des foyers. Selon lui, chaque habitation doit mieux résister aux flammes.
"Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle de la crise climatique, que nous ne prenons malheureusement pas assez en compte"
, déclare-t-il. Cette mise en garde résonne au-delà de la seule Grèce.La Méditerranée en première ligne
Le bassin méditerranéen subit de plein fouet le réchauffement climatique. En effet, les étés y deviennent plus chauds et plus secs. Ainsi, la saison des feux s'allonge et gagne en violence.
La Türkiye, la Grèce et d'autres pays voisins affrontent le même défi. Chaque année, leurs forêts et leurs villages restent exposés aux flammes. C'est pourquoi la coopération régionale devient essentielle.
Face à ce constat, la prévention prend une importance capitale. Le débroussaillage, l'aménagement du territoire et l'alerte précoce sauvent des vies. De plus, la surveillance satellite offre un outil précieux pour anticiper les départs de feu.
Les incendies en Attique traduisent une réalité désormais installée. En neuf ans, la région a perdu 70 000 hectares de nature. Or, la crise climatique promet des étés encore plus difficiles.
Pourtant, des solutions existent. Un urbanisme adapté, une meilleure protection des maisons et une surveillance renforcée peuvent limiter les dégâts. Il reste donc urgent d'agir, avant que la prochaine saison ne rallume les mêmes drames.
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