France: David Lisnard suscite l'indignation après ses propos sur le massacre du 17 octobre 1961
16:27, 20/10/2026, mardi
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Carine Schmitt / Hans Lucas AFP
Portrait de David Lisnard, maire de Cannes et candidat du parti « Nouvelle Énergie » à l'élection présidentielle de 2027.Le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle française, David Lisnard, a provoqué de nombreuses réactions après ses déclarations sur le massacre du 17 octobre 1961. Il s’est exprimé lundi lors d’un débat télévisé sur LCI, en réponse à une étudiante proche de La France insoumise (LFI).
Alors que la discussion portait sur les violences survenues en France lors des mobilisations du 17 octobre 2026, l’étudiante a fait un parallèle avec la répression sanglante d’une manifestation d’Algériens à Paris en 1961.
"Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qu’il s’est passé le 17 octobre 1961 ?"
, a-t-elle demandé au candidat du mouvement Nouvelle Énergie."Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie"
, a répondu David Lisnard."J’ai des potes algériens, heureusement mes potes d’origine algérienne, ils ont bien compris qu’on était passé à autre chose"
, a-t-il ajouté.Le candidat a ensuite reconnu la gravité des faits, tout en considérant qu’ils ne constituaient pas une priorité dans le contexte actuel.
"C’est très grave, c’est dramatique, mais c’était en 61"
, a-t-il déclaré, précisant que ce n’était "pas [son] problème aujourd’hui"
.De nombreuses réactions politiques
Ces propos ont provoqué de multiples réactions sur le réseau social X. Plusieurs personnalités politiques ont dénoncé des déclarations perçues comme méprisantes à l’égard de la mémoire des victimes.
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a vivement réagi:
"Non David Lisnard, on ne “s’en fout” pas !".
Évoquant la répression des manifestants algériens par la police parisienne sous l’autorité du préfet Maurice Papon, il a poursuivi :
"Soit Lisnard est inculte soit il est simplement raciste. La réponse lui appartient."
Le député LFI Thomas Portes a lui aussi condamné les déclarations du maire de Cannes.
"“Je m’en fou”. Voilà la réponse de David Lisnard quand il est interrogé sur le 17 octobre 1961. On parle de dizaines de morts, noyés dans la Seine. Racisme décomplexé"
, a-t-il écrit sur X.De son côté, Youssef Aqira, conseiller municipal de Roissy-en-Brie, a dénoncé le mépris envers la mémoire des victimes. Selon lui, le racisme ne se traduit pas uniquement par des insultes.
"Le racisme ne se manifeste pas toujours par une insulte. Il peut aussi se loger dans le mépris de certaines mémoires, dans le refus d’accorder aux morts la même dignité qu’aux autres"
, a-t-il écrit sur la même plateforme.Un massacre commis sous l’autorité de Maurice Papon
Le 17 octobre 1961, des milliers d’Algériens ont manifesté pacifiquement à Paris contre un couvre-feu discriminatoire imposé par les autorités françaises, en pleine guerre d’indépendance de l’Algérie.
La manifestation a été violemment réprimée par la police, alors placée sous l’autorité du préfet Maurice Papon. D’après les estimations des historiens, plusieurs dizaines à plusieurs centaines de manifestants ont été tués, certains ayant été jetés dans la Seine.
En 2024, l’Assemblée nationale française a adopté une proposition de résolution condamnant le massacre du 17 octobre 1961.
Le président Emmanuel Macron avait également rendu hommage aux victimes, qualifiant ces événements de
"faits inexcusables pour la République".
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