Manifestation à Addis Abeba contre le recrutement forcé au Tigré
11:53, 19/07/2026, dimanche
AFP

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L'Éthiopie se consolide comme référence d'une transformation urbaine sans précédent en Afrique, propulsée par une stratégie de modernisation et de durabilité.Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Addis Abeba en soutien au gouvernement fédéral et contre le recrutement forcé mené par les autorités du Tigré, selon des informations de l'AFP.
Rassemblement pro-gouvernement à Addis Abeba
Selon l'agence France-Presse, plusieurs milliers de personnes ont investi les rues de la capitale éthiopienne samedi matin pour manifester leur soutien au gouvernement fédéral et dénoncer les pratiques de recrutement forcé imputées aux autorités de la région du Tigré. Les protestataires brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire :
"Le gouvernement éthiopien doit remplir son devoir de protection du peuple du Tigré"
.Par ailleurs, l'ancien chef rebelle tigréen Getachew Reda, aujourd'hui ministre des Affaires est-africaines au sein de l'exécutif fédéral, était présent parmi les manifestants. Sa participation illustre le ralliement de certaines figures historiques du TPLF au gouvernement central.
Recrutement forcé et violations des droits humains
Des témoignages recueillis par l'AFP mi-juin révèlent que les autorités régionales du Tigré organiseraient des rafles ciblant les jeunes hommes, contraints de rejoindre des camps d'entraînement contre leur gré ou contraints de fuir leur région pour échapper à la conscription. De plus, l'organisation Human Rights Watch a établi début juillet que les forces de sécurité locales acquises au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) recrutent de force des civils, dont des mineurs âgés parfois de quinze ans seulement.
Accusations de trafic vers le Soudan
Les manifestants ont également dénoncé le trafic présumé de combattants vers le Soudan, un pays en proie à une guerre civile dévastatrice, comme en témoignait une seconde banderole :
"Arrêtez de faire du trafic de combattants vers le Soudan"
. L'exécutif éthiopien et certains médias locaux affirment que le TPLF envoie de force des Tigréens au Soudan, bien qu'aucune preuve permettant d'étayer cette thèse n'ait été présentée publiquement.Dans ce contexte, Bahlbi Tsegaye, un protestataire âgé de 42 ans, a déclaré :
"Le TPLF rassemble de force la jeunesse du Tigré, la vend au pays voisin, le Soudan, via l'Érythrée, et l'expose à la guerre"
. Cette accusation reflète les craintes grandissantes quant à l'utilisation des jeunes recrues dans des conflits extérieurs.Tensions régionales et risque d'escalade
Les relations entre l'Éthiopie et le Soudan demeurent particulièrement tendues. Selon les conclusions d'un laboratoire de recherche de l'université américaine de Yale publiées en avril, une base militaire éthiopienne située près de la frontière soudanaise aiderait les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire combattant l'armée soudanaise depuis 2023. En outre, Khartoum a accusé en mai Addis Abeba d'
"agressions"
après des attaques de drones présumées parties du territoire éthiopien, tandis que les autorités fédérales affirment de leur côté que le Soudan finance le TPLF.Retour des hostilités dans le Tigré
Cette escalade verbale s'inscrit dans une dynamique de dégradation sécuritaire autour du Tigré, théâtre entre 2020 et 2022 d'un conflit destructeur ayant fait au moins 600 000 morts selon l'Union africaine. Après trois ans de calme relatif consécutif à la signature de l'accord de paix de Pretoria, des affrontements directs ont à nouveau opposé fin 2025 les forces tigréennes et l'armée fédérale.
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