Corée du Sud: le président Yoon lâché par son parti qui demande son départ

09:43, 06/12/2024, vendredi
AFP
Corée du Sud: le président Yoon lâché par son parti qui demande son départ
Anthony WALLACEAFP
Un écran de télévision montre le président sud-coréen Yoon Suk Yeol s'exprimant lors d'un bulletin d'information dans une gare de Séoul le 3 décembre 2024, après avoir déclaré la loi martiale d'urgence, affirmant que cette mesure était nécessaire pour protéger le pays des "forces communistes" dans un contexte de querelles parlementaires sur un projet de loi de finances.

Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol, menacé de destitution pour sa tentative infructueuse d'imposer la loi martiale, a été lâché vendredi par son propre parti. Le Parti du pouvoir au peuple (PPP) a estimé que le président faisait courir "un grand danger" au pays et a préconisé sa "suspension rapide".

Han Dong-hoon, chef du PPP auquel appartient Yoon, a changé de position après avoir initialement promis de contrer la motion de destitution déposée par l'opposition au Parlement.
"Si Yoon reste en poste, il existe un risque important de répétition d'actions extrêmes similaires à la déclaration de la loi martiale"
, a déclaré Han lors d'une allocution télévisée.

Le président aurait également ordonné l’arrestation de dirigeants politiques mardi soir, après avoir déclaré la loi martiale et envoyé l’armée boucler le Parlement, selon des informations dévoilées par le député Jo Seung-lae et des images de vidéosurveillance.

Le bureau présidentiel a cependant nié toute implication directe de Yoon, affirmant qu’il n’avait donné
"aucun ordre d'arrestation ou de détention de membres de l'Assemblée nationale
".

Des craintes de récidive


Le député Jo Seung-lae a exprimé ses inquiétudes sur une éventuelle seconde tentative de loi martiale, précisant que tous les membres de l’opposition resteraient dans le bâtiment principal de l’Assemblée jusqu’au vote prévu samedi soir.


Malgré ces inquiétudes, un responsable militaire a assuré qu’"il n'y a pas de deuxième loi martiale" et a appelé les Sud-Coréens à rester calmes.


Vers un vote décisif


Le Parlement sud-coréen, dominé par l'opposition avec 192 sièges sur 300, se prononcera samedi sur la destitution de Yoon Suk Yeol. Une majorité des deux tiers est requise, ce qui implique le ralliement d’au moins huit députés du PPP, un scénario probable après les déclarations critiques de Han.

En cas de vote favorable, Yoon serait suspendu de ses fonctions dans l'attente de la validation par la Cour constitutionnelle. Une nouvelle élection présidentielle devrait alors se tenir sous 60 jours, avec une présidence intérimaire assurée par le Premier ministre Han Duck-soo.


Une popularité en chute libre


La popularité de Yoon Suk Yeol est tombée à 13 %, selon un sondage Gallup publié vendredi. Son coup de force mardi, justifié par la lutte contre
"les forces communistes nord-coréennes"
, a provoqué une mobilisation massive contre lui, avec des manifestations quotidiennes.

Aux États-Unis, le secrétaire d'État Antony Blinken a exprimé sa
"confiance en la résilience démocratique"
de la Corée du Sud lors d'un appel à son homologue sud-coréen, tout en réaffirmant
"l'engagement sans faille des États-Unis envers leur alliance"
.


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