Corée du Sud: les enquêteurs attendent un nouveau mandat pour arrêter Yoon
12:15, 07/01/2025, mardi
AFP

JUNG Yeon-jeAFP
Des enquêteurs anti-corruption quittent la résidence du président sud-coréen Yoon Suk Yeol, à Séoul, le 3 janvier 2025, après avoir annulé leur tentative d'arrestation de M. Yoon.Les enquêteurs sud-coréens espéraient mardi l'émission d'un nouveau mandat d'arrêt pour tenter une seconde fois d'appréhender Yoon Suk Yeol, président déchu et retranché dans sa résidence de Séoul, entouré de sa garde rapprochée.
Le précédent mandat d'arrêt, délivré le 31 décembre, a expiré lundi à 15h00 GMT, sans que le Bureau d'enquête sur la corruption des hautes personnalités (CIO) n'ait pu procéder à l'arrestation de M. Yoon pour l'interroger.
Première tentative infructueuse
Vendredi, les enquêteurs du CIO, accompagnés de policiers, ont tenté d'entrer dans sa résidence. Cependant, ils ont été bloqués par environ 200 militaires et agents du Service de sécurité présidentiel (PSS). Après six heures de confrontation, les enquêteurs ont dû se retirer sans avoir pu arrêter M. Yoon.
Le Parti démocratique, principal parti d'opposition, a déposé une plainte contre le président en exercice, Choi Sang-mok, l'accusant de
"manquement au devoir"
. Le CIO a redéposé lundi soir une requête auprès du tribunal du district ouest de Séoul pour prolonger le mandat d'arrêt.Défis légaux et organisationnels
Pour Yun Bok-nam, président de l'association Avocats pour une société démocratique, il est probable qu’un nouveau mandat soit délivré, mais cela pourrait prendre du temps.
"La dernière fois, cela a pris près d'un jour et demi"
, a-t-il précisé.L'inexpérience du CIO, qui existe depuis seulement quatre ans et compte moins de 100 employés, est pointée du doigt. L’organisme n’a jamais procédé à une arrestation d’une telle ampleur.
"La coopération de la police est essentielle"
, estime Me Yun, bien que des différends aient éclaté entre les deux services sur la gestion de l’arrestation.Contexte politique tendu
Yoon Suk Yeol est accusé d'avoir tenté d'imposer la loi martiale le 3 décembre pour museler un Parlement dominé par l'opposition. Bien qu’il ait affirmé vouloir protéger le pays des
"forces communistes nord-coréennes"
, il a rapidement fait marche arrière sous la pression des députés et des manifestants.Destitué par l'Assemblée nationale le 14 décembre, M. Yoon est poursuivi pour "rébellion", un crime passible de la peine de mort, et pour
"abus d'autorité"
, passible de cinq ans de prison.En attendant le procès en destitution, prévu pour débuter le 14 janvier, Yoon Suk Yeol reste officiellement chef de l'État, bien que suspendu. La Cour constitutionnelle a jusqu'à mi-juin pour statuer sur son sort.
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