L'Allemagne autorise un projet nucléaire impliquant des entreprises russe et française
09:57, 23/07/2026, jeudi
AA

X
L'implication de Rosatom dans ce projet stratégique alimente des craintes quant aux risques potentiels pour la sécurité intérieure.Les autorités régionales de Basse-Saxe ont autorisé mercredi la fabrication de combustible nucléaire par ANF, filiale du groupe français Framatome, en partenariat avec le russe Rosatom, une décision qui suscite des critiques sur le plan de la sécurité nationale.
Une autorisation controversée en Basse-Saxe
Selon Franceinfo, les autorités de la région allemande de Basse-Saxe ont donné leur aval mercredi à un projet de production de combustible nucléaire mené par ANF (Advanced Nuclear Fuels), filiale allemande du groupe français Framatome.
Ce projet implique une coopération étroite avec le groupe nucléaire public russe Rosatom, prévoyant notamment l'arrivée sur le territoire allemand d'équipements fournis par l'entreprise d'État moscovite ainsi que la présence d'experts russes.
Inquiétudes de sécurité nationale
Cette autorisation intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que le gouvernement allemand accuse régulièrement la Russie de mener une
"guerre hybride"
contre les pays européens. Par ailleurs, Berlin dénonce depuis plusieurs mois des actes d'espionnage, de sabotage d'infrastructures critiques, de cyberattaques et de campagnes de désinformation attribués à Moscou.
Toutefois, l'implication de Rosatom dans ce projet stratégique alimente des craintes quant aux risques potentiels pour la sécurité intérieure.
Le ministère de l'Environnement se défend
Dans un communiqué cité par Franceinfo, le ministère allemand de l'Environnement a indiqué que les autorités régionales ne disposaient pas de fondement juridique permettant de bloquer le projet.
"Lorsque toutes les conditions requises sont réunies et que les risques identifiés peuvent être suffisamment maîtrisés grâce à des mesures adaptées et aux prescriptions imposées par les autorités, celles-ci sont tenues de délivrer l'autorisation"
, a expliqué le ministère. De plus, les autorités ont précisé que cette décision pourrait être réexaminée si de nouveaux éléments faisaient apparaître des risques supplémentaires.
Combustible pour réacteurs russes et mobilisation écologiste
Le projet vise à produire des assemblages de combustible destinés aux réacteurs nucléaires de conception russe ou soviétique (VVER), encore exploités dans plusieurs pays européens.
Selon les défenseurs de cette initiative, elle permettrait d'assurer un approvisionnement durable tout en développant une capacité de production sur le territoire européen.
En outre, l'organisation Greenpeace figure parmi les opposants les plus virulents au projet, dénonçant depuis le début du conflit ukrainien la poursuite de la coopération nucléaire entre l'Europe et la Russie.
Le nucléaire civil, secteur épargné par les sanctions
Cette autorisation met en lumière les difficultés auxquelles l'Union européenne est confrontée pour concilier les impératifs de sécurité énergétique avec les préoccupations géopolitiques liées à la guerre en Ukraine.
Alors que plusieurs secteurs économiques russes font l'objet de sanctions européennes, le nucléaire civil demeure largement épargné, permettant à Rosatom de poursuivre ses activités avec plusieurs partenaires européens.
Selon la même source, l'absence de sanctions de l'UE visant les activités nucléaires civiles de Rosatom explique l'impossibilité juridique pour Berlin de bloquer ce type de coopération.
A lire également:

International
Macron et Merz accentuent la pression sur Moscou et renforcent leur aide à l’Ukraine

International
Fuite dans l'armée allemande: la Russie convoque l'ambassadeur d'Allemagne

International
L'Allemagne met en garde contre le recrutement en ligne d'agents par la Russie

International
Chancelier allemand Merz : "La Russie essaie chaque jour de déstabiliser les pays européens"

International
La Russie dit vouloir une reconnaissance "internationale" des régions ukrainiennes annexées
