Depuis le Canada, un professeur palestinien s'efforce de maintenir vivante une université de Gaza

Le réveil d'Ahmed Abu Shaban, professeur d'université à Toronto, sonne souvent à 3 heures du matin pour qu'il puisse enseigner à distance à ses étudiants de Gaza. C'est pour ce Palestinien une question de loyauté envers ses élèves mais aussi de culpabilité.
Il a du quitter la bande de Gaza quelques jours après le 7 octobre 2023.
Ahmed Abu Shaban est le doyen de la faculté d'agriculture et de médecine vétérinaire de l'Université Al-Azhar, qui a été détruite comme la plupart des bâtiments universitaires de Gaza par des frappes aériennes israéliennes.
Le professeur est passé en Egypte peu après le début de la guerre. Ces contacts canadiens lui permettent ensuite de rejoindre l'Université York de Toronto, où il est désormais professeur invité à la Faculté des changements environnementaux et urbains.
"Nous continuerons"
Ils viennent de détruire nos infrastructures. Ils ont détruit nos bâtiments... mais nous sommes toujours en vie et nous continuerons.
Au moins 30 Palestiniens ont été tués lors des attaques israéliennes dans la bande de Gaza, portant le bilan total depuis l'an dernier à 44 532 morts, a indiqué mercredi le ministère de la Santé de l’enclave.
Frustrations
Le nombre d'étudiants toujours inscrits à l'Université Al-Azhar est pour lui la preuve de la résilience des Palestiniens: avant la guerre, la faculté comptait 14.000 étudiants et ils étaient encore 10.000 à s'inscrire en début d'année. Il n'en espérait pas plus de 1.000.
Mais vous faites quand même cinq kilomètres de marche pour avoir une connexion internet et étudier. Et parfois, vous risquez même votre vie pour cela.
Le programme est évidemment flexible, compte tenu des difficultés d'accès à internet. Les étudiants regardent les cours et font leurs devoirs lorsqu'ils peuvent se connecter.
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