Syrie : la terre en vue

Le camp de la paix et celui du chaos
Les désordres régionaux ont coûté très cher à Ankara : surcharges économiques, menaces sécuritaires, guerres, affrontements, migrations forcées… C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les grands projets tels que la Route du Développement d’Irak, le Corridor de Zengezur, la stabilisation de la Syrie, la recherche d’une solution à deux États en Palestine, ou encore les efforts de paix en Ukraine : autant d’initiatives pour la stabilité régionale.
Face à cet axe, il y a Israël. Sa sécurité dépend de la faiblesse et du chaos de ses voisins. Tantôt les États-Unis, tantôt l’Iran, ont, par leurs actions, alimenté ce déséquilibre. Les affrontements des dernières années s’inscrivent dans cette lutte d’influence entre ces deux axes antagonistes.
Le retrait d’Israël
Pourquoi le vent a-t-il tourné ?
Un plan de paix vivant et un tournant historique
Certains points ne sont pas encore acceptés par Israël ni par le Hamas : retrait complet des troupes israéliennes, avenir de Gaza, désarmement du Hamas, mise en place d’un conseil international et d’une force de paix… Ces questions restent en débat.
Mais un fait demeure : le cessez-le-feu signé par Israël avec le Hamas et l’acceptation du rôle de garant par quatre pays, dont Türkiye, constituent un tournant historique.
C’est une victoire diplomatique majeure. Même si Israël devait rompre l’accord demain, la lutte reprendrait sur cette nouvelle base. Rien ne sera plus jamais comme avant dans la question palestinienne.
En Syrie, le vent tourne
Mais les récents événements ont tout changé :
Damas a officiellement demandé un soutien militaire à Ankara, une feuille de route Jordanie–États-Unis–Syrie sur Soueïda a été annoncée, Erdoğan a rencontré Trump à Washington, et Israël s’est embourbé à Gaza.
Les cartes se redessinent.
On connaît la suite : l’envoyé de Trump, Barrack, et le commandant du CENTCOM, Cooper, se sont rendus dans le nord de la Syrie, puis à Damas avec Mazloum Abdi, chef des FDS. Ensuite, le ministre syrien des Affaires étrangères, Shabani, est venu à Ankara pour rencontrer Hakan Fidan. Dimanche dernier, une réunion a eu lieu à Ankara avec les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et les chefs du renseignement.
Les discussions ont probablement porté sur la sécurité et la stabilité de la Syrie, un futur accord global Ankara–Damas, la formation massive de l’armée syrienne et le renforcement de ses capacités militaires.
L’intégration des FDS à Damas
Ankara souhaite que les FDS déposent les armes et s’intègrent à l’armée syrienne. Damas partage cette position. Les FDS, de leur côté, veulent rejoindre l’armée syrienne à un niveau de corps d’armée, par blocs régionaux, tout en conservant une autonomie locale et sans désarmement complet.
Mazloum Abdi a déclaré après sa rencontre avec le vice-président syrien Farouk al-Sharaa :

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