La signature du "mémorandum d’accord"
en 14 points entre les États-Unis et l’Iran a également remis en mouvement les néoconservateurs, qui se tenaient depuis quelque temps dans l’ombre. L’un d’eux était Douglas Feith, qui avait joué un rôle important dans l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak sur la base de prétextes fabriqués. Sous George W. Bush, Feith avait occupé le poste de sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique au ministère de la Défense. Dans un article publié le 18 juin dans le Washington Post, Feith critiquait très durement le vice-président américain J.D. Vance en raison du rôle qu’il avait joué dans la signature du mémorandum d’accord avec l’Iran. Un autre néoconservateur patenté, John Podhoretz, accusait quant à lui Trump de lâcheté dans ses émissions, au motif qu’il hésitait à lancer une opération terrestre contre l’Iran.
JD Vance dans le viseur des faucons pro-israéliens
En Israël comme aux États-Unis, les sionistes et les néoconservateurs ont désormais JD Vance dans leur ligne de mire. Les faucons pro-israéliens et les sionistes, qui n’osent pas s’attaquer directement à Trump, ont tourné leurs flèches vers JD Vance. Les sionistes d’Israël comme ceux des États-Unis tiennent en revanche le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre de la Guerre Pete Hegseth à l’écart du débat.
Selon certains commentateurs, si Rubio a disparu de la scène au moment de la signature du mémorandum d’accord, c’est parce qu’il veut se mettre en avant en cas d’échec de l’accord. D’autres estiment que l’affaiblissement de JD Vance ouvrirait la voie à Rubio, qui ambitionne d’être candidat à la présidence en 2028. Le sénateur Ted Cruz, extrêmement pro-israélien, se met quant à lui en avant en critiquant ouvertement Trump, au lieu de garder le silence comme Rubio.
Dans ses déclarations, Cruz souligne que Trump reçoit de "mauvais conseils"
au sujet de l’accord avec l’Iran. Même s’il ne le dit pas ouvertement, Cruz laisse entendre que ces conseils viennent de Vance. Donald Trump Jr., le fils de Trump, a de son côté déclaré mercredi sur son compte X que Cruz disait "mensonge sur mensonge"
au sujet du "texte de l’accord"
. Trump fils attirait l’attention sur le fait que Cruz tentait d’affaiblir Trump père par de fausses informations. En tant que vice-président, Vance est la figure la plus forte pour une candidature présidentielle en 2028. Rubio arrive en deuxième position derrière Vance. Cruz, lui, n’occupe pas encore une place notable dans ce classement. Rubio comme Cruz figurent parmi les noms les plus fiables pour le lobby israélien.
Les efforts des milieux liés au lobby israélien pour mettre Rubio en avant ne passent pas inaperçus. L’une des raisons pour lesquelles les sionistes attaquent Vance en bloc est aussi d’empêcher sa candidature présidentielle en 2028. Contrairement à Rubio et Cruz, le lobby et les sionistes ne considèrent pas Vance comme un nom "sûr" pour Israël.
Le fait que Vance prête attention au recul du soutien à Israël dans l’opinion publique américaine et chez les républicains de moins de 50 ans suffit pour qu’il entre dans le viseur du lobby. Le lobby israélien fait confiance aux personnalités dont la loyauté envers Israël est totale et leur accorde d’importants dons. De nombreux responsables politiques, républicains ou démocrates, affirment ouvertement que leur mission législative consiste à faire en sorte que les administrations américaines et le Congrès américain restent, en toutes circonstances, "pro-israéliens".
Le débat sur l’accord iranien se durcit
Batya Ungar-Sargon, présentatrice de NewsNation située dans l’aile "Israël d’abord"
du camp trumpiste, déclarait jeudi dans son commentaire : "Le vice-président JD Vance a mis les États-Unis à genoux avec un accord humiliant, quelques semaines avant le 250e anniversaire de notre fondation, et il ose maintenant accuser Israël de la situation terrible dans laquelle nous nous trouvons. Nous assistons en temps réel à la transformation de notre vice-président en Tucker Carlson."
Batya Ungar-Sargon tire en rafale sur Vance à travers Tucker Carlson, qui s’oppose le plus fermement à la guerre contre l’Iran dans le camp trumpiste et qui, pour cette raison, s’est retrouvé en désaccord avec Trump. Critiquant vivement les critiques formulées par Vance contre Israël, Batya Ungar-Sargon lançait aussi cet avertissement : "Si c’était une répétition générale de Vance pour les élections de 2028, alors nous avons certainement appris beaucoup de choses."
Sur Fox News, chaîne qui soutient Trump, les commentateurs fermement pro-israéliens intensifient de plus en plus leurs critiques contre Vance. À tel point que Brian Kilmeade et Marc Thiessen, de Fox News, qualifient le mémorandum d’accord signé avec l’Iran d’"accord de JD Vance".
Les sionistes soulignent que les déclarations de JD Vance visant à contenir Israël sont, jusqu’à présent, les déclarations les plus dures venues du plus haut niveau des administrations américaines contre Israël.
Dans les publications sionistes, des menaces sont également formulées contre les responsables politiques qui adressent ouvertement des critiques à Israël ou qui tentent d’affaiblir la "relation spéciale États-Unis-Israël", en affirmant que leur fin n’a jamais été bonne. En résumé, les débats autour de l’accord iranien deviennent de plus en plus durs et de plus en plus sales.
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