Une visite historique à Damas
Selon l'agence officielle syrienne Sana, le secrétaire général des Nations unies est arrivé samedi à l'aéroport international de Damas où il a été accueilli par le ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani. Cette mission, la première d'un chef de l'ONU sur le sol syrien depuis celle de Ban Ki-moon en 2009, intervient dans la foulée de la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024 et alors que le pays tente de se reconstruire après plus de treize ans de conflit.
L'engagement de l'ONU
Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, a souligné que cette mission visait à accompagner la transition politique en cours. "L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a-t-il déclaré. Par ailleurs, il a précisé que M. Guterres réaffirmerait que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement".
De plus, l'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que le chef de l'ONU allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie". Au cours de ce déplacement prévu jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit également rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile et des organisations féminines.
Défis sécuritaires persistants
Toutefois, la transition politique s'effectue dans un contexte de violences récurrentes. Le pays a connu en mars 2025 des massacres visant la communauté alaouite, dont était issu l'ancien président Assad, ainsi que des affrontements sanglants avec des combattants druzes. Par ailleurs, la communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités à instaurer une gouvernance inclusive et à bâtir des institutions solides.
En outre, les infrastructures syriennes demeurent très gravement endommagées par la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024. Selon la Banque mondiale, le coût de la reconstruction s'élève à plus de 216 milliards de dollars.
Tensions au Golan
Dans ce contexte, le secrétaire général doit également se rendre auprès de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée sur le plateau du Golan depuis 1974. Israël a envoyé des troupes dans cette zone tampon après le renversement de Bachar al-Assad et a mené depuis lors des incursions répétées sur le territoire syrien accompagnées de bombardements. L'État hébreu a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie.
Pour rappel, plusieurs hauts responsables de l'ONU s'étaient déjà rendus en Syrie depuis la chute de l'ancien régime, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme Volker Türk, ainsi qu'une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité en décembre dernier. Ces visites précédentes avaient visé à évaluer les besoins humanitaires et les conditions de sécurité sur le terrain.
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