Résultats serrés au premier tour
Flavio Bolsonaro recueille 47,03 % des suffrages contre 45,16 % pour le chef de l'État sortant, soit une avance d'environ 2,2 millions de voix.
Le candidat du Parti libéral n'a toutefois pas atteint le seuil de 50 % plus une voix requis pour une victoire dès le premier tour, contrairement aux prévisions de la plupart des sondages qui donnaient Lula légèrement en tête.
La participation s'établissait à un peu moins de 79 % des 158 745 502 électeurs inscrits, d'après le Tribunal supérieur électoral du Brésil, dans un pays où le vote est obligatoire.
Réactions des candidats
Devant ses partisans réunis à Brasilia, Flavio Bolsonaro s'est déclaré "très heureux" du résultat, présentant ce scrutin comme "la fin d'une époque" pour le Parti des travailleurs.
Il a évoqué "une réelle possibilité que le Brésil élise un gouvernement moderne", selon ses propres termes. Par ailleurs, Lula a reconnu des résultats en deçà de ses attentes tout en adoptant un ton combatif à l'approche des trois semaines de campagne avant le second tour.
"Dès demain, une nouvelle campagne commence", a-t-il déclaré, ajoutant que "les Bolsonaro feraient mieux de se préparer" et avertissant ses concitoyens que "Flavio Bolsonaro représente l'incertitude pour le pays".
Contexte électoral et enjeux
Flavio Bolsonaro, 45 ans, avocat et sénateur fédéral, a été désigné par son père l'ancien président Jair Bolsonaro pour porter la candidature conservatrice sous les couleurs du Parti libéral.
Entré tôt en politique comme député de l'État de Rio de Janeiro, il était resté relativement discret sur la scène nationale jusqu'au soutien officiel de son père.
Son programme associe fermeté en matière de sécurité, politique économique favorable au marché et valeurs sociales conservatrices.
Toutefois, sa candidature fait l'objet d'un examen attentif en raison d'enquêtes en cours sur des soupçons de corruption et de blanchiment d'argent liés à un film biographique consacré à son père.
De son côté, Lula, 80 ans, brigue un quatrième mandat non consécutif après avoir dirigé le pays de 2003 à 2010 puis être revenu au pouvoir en 2023, aux côtés du vice-président Geraldo Alckmin.
Rapport de forces au Congrès
En outre, les résultats législatifs laissent présager un Parlement plus hostile et fragmenté au chef de l'État en cas de victoire de Lula au second tour.
Le Parti libéral a fait passer sa représentation de 15 à 28 sièges à partir de 2027, plaçant le bloc conservateur au centre du paysage politique brésilien à venir.
Ainsi, la composition future du Congrès risque de compliquer l'exercice d'un éventuel quatrième mandat du président sortant.
Priorité sécuritaire et tendance régionale
La sécurité figurait au premier rang des préoccupations des électeurs avant ce scrutin de dimanche.
Flavio Bolsonaro a cherché à les rallier avec une ligne dure contre la criminalité, plaidant notamment pour que les États-Unis désignent les cartels brésiliens de la drogue comme des organisations terroristes.
Dans ce contexte, une victoire de la droite prolongerait une tendance régionale marquée par des alternances conservatrices en Colombie, au Chili, au Honduras et en Bolivie au cours de la seule année écoulée.