Funérailles de Khamenei : des fidèles réclament la vengeance
11:02, 04/07/2026, samediM: Mise à jour: 12:54, 04/07/2026, samedi
AFP

Photo par ATTA KENAREAFP
Des personnes en deuil se rassemblent à la Grande Mosalla pour rendre un dernier hommage à l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, Des milliers de fidèles se sont rassemblés dès l'aube samedi à Téhéran devant le cercueil d'Ali Khamenei, réclamant la vengeance contre les États-Unis et Israël
Un adieu sous le signe de la vengeance
Le jour se levait à peine sur Téhéran lorsque les premiers fidèles ont investi le vaste complexe de la Mosalla, où les obsèques nationales du guide suprême défunt ont débuté vers 06h00 (02h30 GMT), selon la télévision d'État iranienne. Dès les premières heures, l'atmosphère s'est chargée d'une tension politique palpable, des participants scandant des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël tandis que d'autres agitaient des drapeaux rouges portant l'inscription
"Martyr"
ou les étendards jaunes du Hezbollah libanais. "Nous ne sommes pas là pour un enterrement mais pour une vengeance",
s'est exclamé un laudateur devant des fidèles en pleurs, résumant l'état d'esprit dominant dans cette foule venue dire adieu à celui qui incarnait la République islamique depuis des décennies.Recueillement et colère au cœur de la capitale
Sous le dôme immense de la mosquée, le cercueil d'Ali Khamenei, tué le 28 février à 86 ans lors du bombardement de sa résidence par des frappes israélo-américaines, reposait entouré de deux rangées de drapeaux iraniens.
Les murs du sanctuaire affichaient de grands portraits de l'ayatollah à différentes étapes de sa vie, notamment durant la guerre contre l'Irak (1980-1988), tandis que des fidèles en tchador ou vêtus de noir se frappaient la poitrine selon la tradition chiite du deuil.
"Je n'ai jamais eu la chance de voir le guide suprême de près et je le regrette. Aujourd'hui je suis venu pour lui dire un dernier adieu"
, a déclaré à l'AFP Javad Akbari, 43 ans, employé dans l'alimentaire, exprimant un sentiment partagé par de nombreux conservateurs venus en famille. Des portraits de Mojtaba Khamenei, fils du défunt qui lui a succédé en mars à la tête du régime, étaient également visibles dans les mains des assistants, bien que ce dernier ne se soit toujours pas montré en public depuis sa nomination.Dispositif sécuritaire renforcé et succession incertaine
Le centre de Téhéran avait des allures de camp retranché, des blocs de béton et des véhicules de police bloquant l'accès au site sur un périmètre d'environ deux kilomètres, dans un contexte de fragile cessez-le-feu avec Washington et à six mois de manifestations contre la vie chère. Par intermittence, de l'eau était pulvérisée sur les assistants pour les rafraîchir alors que les températures devaient dépasser les 35°C dans la journée, selon les prévisions météorologiques. Les autorités iraniennes tablent sur la participation de 15 à 20 millions de personnes dans la seule capitale pour cet hommage national s'étalant sur six jours et incluant une étape en Irak voisin. En outre, des banderoles rouges appelaient à
"tuer Trump"
au moment où les États-Unis célèbrent leur 250e anniversaire, tandis que des slogans de "Mort à l'Amérique"
résonnaient parmi la foule. "Nous avons promis au guide suprême de rester avec lui jusqu'au bout. Tout ce monde est là pour lui"
car il "s'est sacrifié pour nous"
, a affirmé Reza, professeur d'université de 37 ans, soulignant la dimension sacrificielle attribuée au défunt guide. Selon le programme établi, la dépouille d'Ali Khamenei traversera lundi les rues de Téhéran avant de gagner Qom le lendemain, l'inhumation définitive étant prévue le 9 juillet dans sa ville natale de Machhad, au nord-est de l'Iran.
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