De Reagan à Trump

Dans son édition du 13 août 1982, le New York Times publiait un article très important sur l’état des relations entre les États-Unis et Israël à cette époque. Selon l’article signé Bernard Weinraub, une grave crise opposait le président américain Ronald Reagan au Premier ministre israélien Menahem Begin.
Le bras de fer Reagan-Begin
Lorsque le président Reagan présenta à l’opinion publique internationale, le 1er septembre 1982, le plan de paix pour le Moyen-Orient qui porterait ensuite son nom, il ne fallut même pas 48 heures pour que le cabinet Begin le rejette à l’unanimité. La contre-déclaration venue d’Israël était remplie d’accusations et de mises en cause graves visant Reagan. Le plus intéressant, c’est que le plan de Reagan contenait de nombreux détails destinés à garantir, à long terme, la présence et la sécurité d’Israël au Moyen-Orient. Mais Begin, parce qu’il refusait de penser de manière raisonnable et rationnelle, choisit de faire de Reagan une cible. Dans le même temps, plusieurs proches collaborateurs de Begin commencèrent également à faire des déclarations à la presse contre Reagan. Le vice-Premier ministre David Levy, le ministre de la Défense Ariel Sharon et le ministre de l’Intérieur Yosef Burg figuraient parmi les principaux noms concernés. À tout cela s’ajouta, le 6 septembre, une lettre personnelle envoyée par Begin à Reagan, dans laquelle il critiquait les désignations géographiques telles que "Cisjordanie" employées dans les déclarations officielles américaines, en rappelant leurs équivalents en hébreu. Deux jours plus tard, dans une nouvelle déclaration à la presse israélienne, Begin accusa l’administration de la Maison-Blanche de chercher à renverser le gouvernement israélien, lançant :
Nos amis américains doivent savoir qu’Israël n’est pas le Chili, et que je ne suis pas Allende !
Netanyahu, héritier politique de Begin
Ces jours-ci, dans le cadre des relations entre les États-Unis et Israël, nous assistons à une étrange répétition de l’histoire. À la Maison-Blanche se trouve Donald Trump, qui s’est retrouvé par hasard dans le fauteuil présidentiel, tout comme Ronald Reagan, célèbre acteur ayant joué dans 53 films avant d’entrer en politique. En Israël, les commandes sont entre les mains de Benyamin Netanyahu, héritier politique et disciple de Menahem Begin. Les crises entre Trump et Netanyahu, qui se reflètent parfois ouvertement dans la presse, ressemblent presque trait pour trait aux tensions Reagan-Begin. À une différence près : Trump n’a aucun filtre verbal, et ces tensions s’accompagnent aussi d’insultes grossières.
Ce que Trump souhaite le plus aujourd’hui doit être qu’il arrive quelque chose à Netanyahu et qu’il se retire de la scène politique. Bien sûr, à condition qu’il n’arrive pas quelque chose à Trump lui-même avant cela…

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