Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump partageaient une "forte volonté politique"
en faveur de la levée des sanctions imposées à la Türkiye dans le cadre de la loi américaine CAATSA (Loi de sanctions contre les adversaires des États-Unis). Lors d'un entretien accordé à la télévision turc, Hakan Fidan a indiqué que les deux dirigeants avaient exprimé leur volonté commune de résoudre cette question et chargé leurs ministres respectifs de travailler à son règlement.
"Tant notre président que le président Trump ont une forte volonté de lever ces sanctions. Lors de leur rencontre à Washington en septembre dernier, ils ont exprimé cette volonté et nous ont donné pour instruction de résoudre ce problème"
, a-t-il déclaré.Une coopération stratégique renforcée
Le chef de la diplomatie turque a également évoqué la participation confirmée de Donald Trump au prochain sommet de l'OTAN à Ankara, estimant que cette décision constituait une évolution majeure pour l'Alliance.
Selon Hakan Fidan, l'acceptation de l'invitation du président Erdogan par Donald Trump témoigne du poids stratégique croissant de la Türkiye sur la scène internationale.
Il a souligné que le leadership exercé par Recep Tayyip Erdogan, son réseau de relations internationales et la crédibilité acquise par Ankara avaient renforcé la position de la Türkiye dans les grands équilibres géopolitiques.
Des divergences en recul entre Ankara et Washington
Hakan Fidan a rappelé que les relations commerciales, économiques, technologiques et éducatives entre les deux pays continuaient de progresser malgré certaines périodes de tensions.
Il a estimé que l'un des principaux différends entre Ankara et Washington avait été largement réduit avec l'abandon, sous la seconde administration Trump, du soutien américain aux YPG en Syrie.
Selon lui, cette évolution a permis de diminuer les menaces pesant sur la sécurité nationale de la Türkiye et de lever l'un des principaux obstacles aux relations bilatérales.
Le ministre a également relevé une convergence croissante entre les objectifs stratégiques de la Türkiye et les orientations de Donald Trump sur plusieurs dossiers régionaux, notamment la guerre en Ukraine, la stabilisation de la Syrie et de l'Irak, les efforts de paix au Liban ainsi que les initiatives visant à mettre fin au conflit dans la bande de Gaza.
Selon lui, des relations solides entre Ankara et Washington contribuent à la stabilité régionale.
Les sanctions CAATSA et les F-35 au centre des discussions
Hakan Fidan a toutefois reconnu que les sanctions CAATSA demeuraient le principal point de désaccord entre les deux alliés.
"Nous poursuivons un travail intensif sur cette question. Il existe une volonté politique claire au sein des deux administrations"
, a-t-il déclaré, tout en précisant que le processus dépendrait également du Congrès américain.Le ministre a estimé que des avancées pourraient intervenir prochainement, même si les procédures administratives et législatives américaines nécessitent du temps.
Évoquant la coopération dans le domaine de la défense, il a indiqué que la Türkiye poursuivait ses efforts afin de lever l'ensemble des restrictions américaines touchant son industrie de défense.
Il a notamment cité les moteurs destinés au futur avion de combat national KAAN ainsi que la possibilité d'un retour de la Türkiye au programme des chasseurs F-35.
Selon lui, la reprise des ventes de F-35 pourrait intervenir après un règlement du dossier CAATSA, tandis qu'un retour complet au programme industriel nécessiterait une nouvelle décision des pays partenaires du consortium.
Hakan Fidan a enfin affirmé qu'il n'existait "aucune raison fondamentale"
de voir les relations entre la Türkiye et les États-Unis se détériorer, estimant que les intérêts communs des deux pays justifiaient un renforcement de leur coopération. Fidan critique Israël
Concernant Israël, Hakan Fidan a vivement critiqué les autorités israéliennes, affirmant qu'"Israël est malheureusement dirigé par ce que la communauté internationale qualifie unanimement de groupe hors-la-loi, qui apporte partout où il agit instabilité, oppression, effusion de sang et massacres"
. Interrogé sur la possibilité que la Türkiye puisse devenir une future cible d'Israël, il a estimé qu'"Israël cherche un nouvel ennemi afin de redorer une image largement condamnée par la communauté internationale"
. Le ministre a conclu qu'"Israël n'est pas seulement un problème pour la Türkiye, mais pour le monde entier"
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