Le président sortant de la Colombie, Gustavo Petro, hausse le ton. Lundi, il a redouté un risque de "guerre civile" dans le pays. Le dirigeant de gauche vise l'arrivée au pouvoir de son successeur, Abelardo de la Espriella.
Selon lui, ce dernier aurait triché pour être élu. Il l'accuse aussi de vouloir l'extrader aux États-Unis. Ainsi, la tension monte à quelques jours de la passation.
Une "fraude" et un "président illégitime"
Gustavo Petro n'a pas mâché ses mots en conférence de presse. "Nous sommes face à une fraude et à un problème institutionnel indubitablement profond", a-t-il lancé. Pour lui, il s'agit de "l'investiture du président illégitime".
Le chef de l'État assure détenir des preuves. Cependant, il ne les a pas publiées. Cette absence d'éléments concrets nourrit le débat.
Selon M. Petro, le scrutin de juin a viré à la manipulation. Il évoque une "fraude électorale algorithmique, systématique et sur un volume de votes énorme". De plus, il affirme que le vote aurait été truqué depuis l'étranger. L'objectif supposé: nuire à son héritier, Ivan Cepeda.
Une élection serrée et une passation hors norme
Abelardo de la Espriella représente la droite dure. En effet, ce nouveau venu en politique a remporté de justesse le second tour en juin. Il a devancé Ivan Cepeda, le poulain de Gustavo Petro.
La passation soulève déjà des questions. Elle doit se tenir vendredi à Cali, dans l'ouest du pays. Or, la tradition veut que la cérémonie ait lieu à Bogota, devant le Parlement. Ce choix rompt donc avec l'usage.
La gauche refuse de valider ce moment. Le groupe parlementaire mené par M. Cepeda a annoncé un boycott. Par ailleurs, il appelle à manifester le jour même à Bogota, Cali et Barranquilla.
Le spectre des violences de rue
La Colombie connaît un passé récent de contestations meurtrières. Entre 2019 et 2021, des dizaines de personnes ont perdu la vie. Ces mouvements, soutenus par Gustavo Petro, visaient alors son prédécesseur Ivan Duque.
Aujourd'hui, le contexte reste explosif. Le pays traverse sa pire recrudescence de violences depuis une décennie. C'est pourquoi les appels à manifester inquiètent autant.
Un risque de "guerre civile"
Le président sortant relie plusieurs menaces entre elles. Il redoute une possible "guerre civile en Colombie". Selon lui, ce scénario pourrait naître du rejet de certains projets prêtés à son successeur.
M. Petro dénonce en particulier une extradition programmée. Il laisse entendre que M. de la Espriella veut le livrer aux États-Unis. Ce projet reposerait, selon lui, sur de fausses accusations.
L'ombre de Donald Trump sur le scrutin
Le nouveau président élu ne cache pas ses appuis. Avocat novice en politique, il a reçu le soutien de Donald Trump pendant la campagne. Le président américain a ainsi pesé dans le débat colombien.
Gustavo Petro y voit une "ingérence". Il accuse Washington de s'immiscer dans la vie politique nationale. En revanche, M. de la Espriella défend une ligne assumée.
Le vainqueur promet la manière forte. Il cible le crime organisé et les guérillas. Ces groupes se sont renforcés sous le mandat de Gustavo Petro. En effet, les négociations menées par le président sortant ont donné peu de résultats.
Ce qu'il faut retenir
La Colombie entre dans une zone d'incertitude. D'un côté, un président sortant qui crie à la fraude. De l'autre, un successeur soutenu par Trump et pressé d'agir.
La passation de vendredi servira de premier test. Elle dira si le pays bascule ou tient bon. Pour l'heure, le climat reste lourd et la vigilance s'impose.